France

Oenotourisme : près de Lunel, Viavino veut tourner la page d’un terrible échec

Créé sur fonds publics, le pôle oenotouristique de Saint-Christol n’a pas réussi à trouver son public. Un pool d’entrepreneurs essaie de relancer le site de deux hectares.

"On s’est rendu compte que ces organisations à mi-chemin entre public et privé ne sont peut-être pas suffisamment abouties". En cette après-midi de juillet, le constat est fait d’une voix claire, sans affect exagéré par Jean-Luc Bergeon, ancien maire de Saint-Christol et cheville ouvrière du projet Viavino depuis son ouverture voilà sept ans. "En fait dès 2005 même, quand la commune avait fait le premier diagnostic dans le cadre d’un projet d’aménagement du territoire", confie l’ancien édile.

Premier site dédié à l'oenotourisme dans l'Hérault

Depuis le début de l’année, le patio sphérique en bois ajouré et les divers bâtiments du site de deux hectares sont à l’arrêt, hormis le drive fermier du jeudi mis en place avec les producteurs et la chambre d’agriculture de l’Hérault, depuis le confinement. Ouvert en juin 2013 et géré d’abord par la communauté de communes du Pays de Lunel puis en établissement industriel et commercial (Epic), le site de Viavino se présentait comme le prototype de l’avenir touristique de l’Hérault à travers la promotion de son vignoble. Premier site dédié à l’œnotourisme du département, sans oublier les sports de pleine nature et les traditions camarguaises, Viavino se voulait un complexe écologique ultramoderne avec ateliers de dégustation, musée, caveau-boutique et restaurant gastronomique situé entre Montpellier et Nîmes, à quelques kilomètres d’une bretelle de l’autoroute A9.

Un investissement de 7,2 millions d'euros

Facture : 7, 2 millions d’euros financés par le Département, la Région, la toute nouvelle communauté de communes du pays de Lunel et la commune de Saint-Christol. Un outil éco-responsable conçu pour les touristes du Gard et de l’Hérault mais aussi les tour-operators et les groupes et surtout en capacité de développer un important tourisme d’affaires grâce aux nombreuses salles permettant d’organiser des évènements et autres séminaires. Si la première année les activités autour du vin et le restaurant, tenu par un chef venu de l’Aveyron, ont tenu leurs promesses, le système s’est vite essoufflé, faute d’une dynamique suffisamment portée par le tissu local et l’échec à créer du tourisme d’affaires. Les différentes activités ont fermé une à une faute d’activité suffisante à partir de 2015 et les cuisiniers du restaurant se sont succédé sans réussir à inverser la vapeur.

Les obstacles étaient forts : manque de volonté politique de la part du président de la communauté de communes qui n’était pas à l’origine du projet, manque de mobilisation des vignerons de l’appellation Saint-Christol, absence de coordination entre prestataires, etc.

Parking à 250 m du site

Et les erreurs ont été nombreuses : site construit face à un cimetière envahissant la zone de voitures les jours d’enterrement, visibilité faible… sans oublier l’aberration du parking à 250 m du site. "Le projet est intéressant mais le parking est trop loin pour vendre du vin. On ne se trimbale pas des cartons de bouteilles sous le bras", confie Luc Moynier, qui a l’époque était à la tête du Domaine Coste-Moynier. " L’idée était bonne au fond d’elle-même, mais il faut aussi des outils pour faire de l’œnotourisme. Quand la décision vient d’en haut, sans émulation à la base et appropriation par le local, c’est compliqué. Il faut penser au client, au touriste avant que de réfléchir au business", décrypte Marc Jonas, consultant en œnotourisme installé à Nîmes.

Un collectif d'entrepreneurs a repris le site en location

L’Epic gérant le site a été dissous fin 2019 et les lieux confiés au privé. Un collectif d’entrepreneurs de Saint-Christol et Lodève a décidé de prendre en location les lieux pour l’exploiter via la SAS Viavino Events et recentrer l’offre vers de l’événementiel et du tourisme d’affaires.

C’est Pierre Cribaillet qui en assure la présidence, entouré de Gaston Berlandier avec qui il dirige la société de promotion immobilière Victorya Immobilier, des chefs d’entreprise comme Thomas Boutin fondateur de Cyrpéo ou Jean-Marc Azam président de Valéa Santé. "Nous devions reprendre en avril mais du fait du Covid-19, nous gérons le site depuis début juillet. L’idée, c’est d’ébaucher un concept locavore et numérique pour développer un lieu de séminaires et de tourisme d’affaires grâce aux six salles à disposition. Il y a sur la commune trois parcs de loisirs, une résidence hôtelière, donc tout ce qu’il faut", confie Pierre Cribaillet.

Avec comme principe un budget serré en s’associant au maximum avec des partenaires privés. Si la mise de départ est encore faible, les dix-huit investisseurs sont confiants et veulent prendre le temps d’une gestion vertueuse afin de recréer un maillage territorial autour de ce qui a été renommé Viavino 2.0. "En fait Viavino, labellisé Pôle d’excellence rurale depuis 15 ans, a probablement là la chance de trouver la place que nous n’avions pas réussi à trouver", confie Jean-Luc Bergeon.

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