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Orthodoxie, un appel au dialogue sur la crise ukrainienne

Un appel au dialogue mais pas d’avancées significatives. Le sommet des primats des Églises orthodoxes voulu par le patriarche de Jérusalem s’est mué comme annoncé en une « rencontre fraternelle » illustrant l’impasse dans laquelle se trouve actuellement le monde orthodoxe depuis la reconnaissance d’une Église orthodoxe indépendante en Ukraine par le patriarcat de Constantinople.

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Finalement, seulement trois primats ont répondu à l’invitation du patriarche de Jérusalem Théophile III à Amman, en Jordanie : le patriarche de Moscou Kirill, le patriarche de l’Église orthodoxe serbe Irénée et le métropolite de l’Église orthodoxe des Terres tchèques et de Slovaquie Rostislav. Les Églises de Pologne et de Roumanie étaient, elles, représentées par une délégation.

Le schisme, un danger imminent

En revanche, dans le sillage du refus catégorique du Patriarcat œcuménique, les primats d’Alexandrie, de l’Église de Grèce, de Chypre, d’Albanie, de Géorgie, de Bulgarie et d’Antioche n’ont pas souhaité se joindre à cette rencontre.

Dans une déclaration publiée à l’issue de celle-ci, mercredi 26 février, les participants ont souligné que « l’unité et la réconciliation au sein de la sainte orthodoxie » étaient les objectifs principaux de cette initiative « devant le danger imminent de schisme au sein de notre Communion orthodoxe ».

« Les délégations ont déclaré que cette rencontre avait pour but de renforcer les liens fraternels entre des frères et leurs Églises, de promouvoir les liens de paix en Christ entre elles, de plaider pour l’unité des Églises orthodoxes et de renouveler le dialogue dans l’espoir sincère d’apporter la réconciliation là où il y a eu discorde », ont-ils également affirmé, en saluant « les efforts inlassables » du patriarche de Jérusalem.

Appel au dialogue panorthodoxe sur le cas ukrainien

Faisant directement référence à la crise ukrainienne qui fracture le monde orthodoxe depuis le 15 octobre 2018, les participants à la rencontre d’Amman ont souligné que « les questions importantes pour l’ensemble des orthodoxes, y compris l’octroi de l’autocéphalie à des Églises particulières, devraient être finalisées dans un esprit de dialogue et d’unité panorthodoxe, et avec un consensus panorthodoxe ».

D’ailleurs, sur le cas ukrainien, dont aucun des présents à cette rencontre n’a reconnu l’autocéphalie de l’Église orthodoxe ukrainienne, la déclaration à l’issue de la réunion en appelle à un « dialogue panorthodoxe », « pour parvenir à la guérison et à la réconciliation ». Les participants en appellent également au patriarche de Constantinople et espèrent une réunion « avant la fin de cette année, afin de renforcer les liens de fraternité. »