France

Ouverture des stations de ski : ce que prévoient nos voisins pour Noël

En raison du Covid-19, les stations de ski de l’Hexagone n'ouvriront pas les remontées mécaniques pour les fêtes de fin d’année, imitant l'Allemagne. En attendant une possible coordination, chaque pays définit sa propre stratégie.

Le suspense a pris fin mardi soir lors de l’allocution présidentielle : les stations de ski françaises n'ouvriront pas leurs pistes pour les vacances de fin d’année, compte tenu des risques sanitaires liés à l'épidémie de Covid-19, particulièrement dans les territoires alpins. «Une concertation a été engagée par le gouvernement avec les élus locaux et les professionnels mais il me semble toutefois impossible d'envisager une ouverture pour les fêtes», a déclaré Emmanuel Macron, qui souhaite «préférable de privilégier une réouverture courant janvier dans de bonnes conditions». Une position confirmée ce jeudi matin par Jean Castex, lors de son intervention, alors que les professionnels espéraient une ouverture, comme ils l'indiquaient dans une tribune au Figaro.

Si le président de la République et le Premier ministre appellent de leurs vœux une décision européenne sur le sujet, la coordination continentale ne semble pas encore à l’ordre du jour.

L’Allemagne de son côté a déjà tiré un trait sur la saison en Bavière, région du sud-est du pays dont les pistes sont particulièrement prisées durant les fêtes de fin d'année par de nombreux vacanciers allemands et étrangers. L’ensemble des stations devraient rester fermées pendant les vacances décembre pour éviter la propagation du coronavirus. «Nous ne pouvons tout simplement pas passer des vacances classiques», a déclaré mardi Markus Söder, le dirigeant conservateur de cette région.

L'Allemagne fait également pression sur l'Union européenne pour une interdire jusqu'au 10 janvier les séjours de ski et ainsi éviter une concurrence déloyale. «Je vais être honnête avec vous, ce ne sera probablement pas facile, mais nous allons essayer», a confié la chancelière Angela Merkel. Tous tentent notamment de dissuader les Allemands de se rendre en Autriche voisine si elle décidait de garder ses pistes ouvertes, leur rappelant qu'ils se verraient imposer une quarantaine de 10 jours à leur retour.

Particulièrement visée, l'Autriche est sur une toute autre ligne, bien qu'elle soit toujours considérée comme un territoire à risque. Une fermeture des stations aurait pour but d'éviter « un deuxième Ischgl », du nom de la ville qui, début 2020, avait fait les gros titres. Des milliers de touristes s'y étaient infectés, contribuant ensuite à la propagation du virus en Europe. Pour l’heure, les stations autrichiennes sont fermées dans le cadre d’un confinement national, qui doit être levé le 7 décembre.

Mais le pays ne s’est pas encore positionné pour la suite. « Si l'Union européenne oblige les domaines skiables à rester fermés, cela entraînera une perte de 2 milliards d'euros pour laquelle elle devra payer », a déclaré Gernot Blümel, le ministre des Finances, d’après une estimation des recettes du mois de décembre et des vacances de Noël.

Séjour dans un chalet dans les Alpes En partenariat avec Le Collectionist

Une concurrence déloyale

Les stations d'Andorre (ici Grandvalira) ont prévu une réouverture le vendredi 4 décembre. Adobe Stock

Avec 900 000 cas positifs au nouveau coronavirus, la Pologne a tranché. Les pistes de ski devraient rouvrir cet hiver, mais uniquement pour la population locale et pendant les vacances scolaires. Toutefois, le porte-parole du ministère de la Santé, Wojciech Andrusiewicz, a déclaré qu'il prendrait des mesures pour limiter les déplacements dans le pays et que les Polonais ne devraient pas compter sur la possibilité de se rendre dans les montagnes. « L’ouverture des pistes de ski est destinée aux personnes vivant à proximité, pas à celles qui veulent partir en vacances », a-t-il ajouté, précisant que les hôtels et les restaurants resteraient fermés pendant la période des vacances.

En Italie , la prudence fait aussi loi. Les photos polémiques d’une foule aux caisses de la station de Cervinia, le week-end du 28 octobre, ont incité le gouvernement à pencher pour la fermeture des stations italiennes. « Affronter les fêtes à la neige sans restriction serait irresponsable », a asséné le président du conseil, Giuseppe Conte. Comme en France, les régions des Dolomites, de la Lombardie, du Piémont et du Val d’Aoste sont classées rouge au regard de la circulation du virus.

Simultanément à l’annonce, la conférence des régions approuvait le protocole sanitaire défendu par les provinces du nord pour ouvrir avec une capacité réduite de moitié dans les télécabines et un seuil maximal de skieurs par domaine. Les travailleurs de la filière espèrent des discussions d’ici le 4 décembre, date du prochain décret, à laquelle sera prise la décision officielle. Dans un pays où Noël et l’avant-saison pèsent plus lourd qu’en France (40% de l’hiver), un tiers des recettes générées chaque année par les stations de ski italiennes provient des jours passés dans les Alpes et les Dolomites pour les fêtes de fin d’année.

Dans le même temps, la Suisse voisine annonce un Noël presque « open bar », tant pour ses ressortissants que pour les voyageurs français. «La fermeture n’est pas une option. On mangera et skiera dans les stations à Noël», assure Christophe Darbellay, président du Conseil d’État valaisan. Ce dernier se dit prêt pour la saison, avec des protocoles sanitaires étudiés : port du masque, distance à respecter dans les files d’attente, jauge appliquée aux remontées mécaniques… En Valais, la réouverture des bistrots est prévue pour la mi-décembre, sauf catastrophe sanitaire. «Il est primordial que les restaurants puissent rouvrir et que les gens puissent se réchauffer entre deux descentes», souligne Bruno Huggler, directeur de Crans-Montana Tourisme, excluant le take-away comme une solution durable.

Last but not least, les stations de la Principauté d’Andorre ouvriront l’ensemble de leur domaine skiable le 4 décembre, incluant les restaurants, les bars et les hôtels. Seule condition, et pas des moindres : que la neige soit, elle aussi, de la partie.

À VOIR AUSSI - Covid-19: en Suisse, les stations de ski redoublent d'efforts pour sauver la saison hivernale

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