Le 13 janvier dernier, un pilote de ligne français âgé de 50 ans a été reconnu coupable de complicités d’agressions sexuelles réalisées à distance après avoir visionné en direct via Internet des agressions sur des fillettes aux Philippines. Il a écopé de cinq ans de prison. C’est la première condamnation de ce type en France, qui en appelle d’autres après le dépôt d’un amendement en ce sens, explique ce mardi la ministre de la Justice Nicole Belloubet interviewée par Le Parisien.

Un député LREM a déposé un amendement à la loi sur les violences faites aux femmes le 15 janvier dernier. Guillaume Gouffier-Cha propose ainsi de poursuivre le simple fait de solliciter, depuis son ordinateur, un viol ou une agression sexuelle en live-streaming, révèle Le Parisien. « L’amendement déposé est pour autant indispensable pour stopper ce phénomène émergent », estime Nicole Belloubet.

Viol contre rémunération

« L’Office central de répression des atteintes violentes aux personnes (OCRVP) répertoriait 300 donneurs d’ordre en France fin 2019 », précise la ministre. Cet amendement devrait aussi permettre de faciliter la poursuite et la condamnation des commanditaires agissant depuis la France.

« La pédocriminalité, comme toutes les formes de criminalité, évolue. (…) L’amendement adopté le 15 janvier dernier en commission, lors de l’examen de la proposition de loi visant à protéger les victimes de violences conjugales, crée une nouvelle infraction autonome : le fait de solliciter la commission d’un viol contre rémunération devient répréhensible en soi, que le crime soit commis ou non », explique Nicole Belloubet au Parisien.

Le ministère de la Justice a déjà fait circuler une lettre pour inciter les juridictions locales à « se dessaisir au profit du parquet de Paris dans ces affaires » : 11 procédures sont actuellement à l’étude à Paris.