France

Quatre opposants au régime, symboles du Hirak, libérés en Algérie

Karim Tabbou et Amira Bouraoui, Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche. Ce sont les noms des quatre figures emblématiques du Hirak en Algérie qui ont pu sortir de prison ce jeudi 2 juillet.

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La militante algérienne Amira Bouraoui, farouche opposante à l’ancien président déchu Abdelaziz Bouteflika, condamnée le 21 juin à un an de prison ferme, a bénéficié jeudi d’une mesure de remise en liberté provisoire lors d’un procès en appel. « Liberté provisoire pour Amira Bouraoui avec report de son procès en appel à l’audience du 24 septembre 2020 », a indiqué l’avocate Fetta Sadat sur Facebook. Elle doit quitter la prison de Koléa, près d’Alger, jeudi après-midi, a précisé l’association Comité national pour la libération des détenus. Elle est poursuivie pour six chefs d’accusation, dont « offense à l’islam », « offense » au président de la République et « incitation à violer le confinement » en « exposant directement la vie d’autrui ou son intégrité physique à un danger » pendant la crise sanitaire liée au coronavirus.

Karim Tabbou, figure de proue du « Hirak »

Cette libération fait suite à celle, quelques heures avant, de son compatriote et opposant au régime Karim Tabbou. Ces deux libérations, coup sur coup, semblent annoncer d’autres libérations d’opposants à la veille de l’anniversaire de l’Indépendance.

Emprisonné depuis le 26 septembre 2019, Karim Tabbou avait été condamné en appel le 24 mars dernier à un an de prison ferme pour « atteinte à l’intégrité du territoire national ». Lors de ce procès, l’accusé avait refusé de comparaître sans la présence de ses avocats mais le juge avait refusé d’accéder à sa demande. Karim Tabbou avait été pris d’un malaise en pleine audience, victime d’une poussée de tension artérielle, selon ses avocats. L’opposant est également poursuivi pour « atteinte au moral de l’armée » dans le cadre d’une autre affaire, dont le procès a été reporté au 14 septembre.

Karim Tabbou est l’un des visages et l’une des voix les plus connues du Hirak, le mouvement de protestation antirégime qui a éclaté le 22 février 2019. Chef d’un petit parti d’opposition non enregistré, l’Union démocratique et sociale (UDS), son portrait était régulièrement brandi lors des manifestations hebdomadaires qui sont désormais suspendues en raison de la pandémie de Covid-19.

Libération des autres opposants en vue ?

Les ONG de défense des droits de l’Homme se sont félicitées de la décision de la justice algérienne. « Algérie, Karim Tabbou enfin libéré. Grand soulagement en attendant les autres », a aussitôt twitté Saïd Salhi, le vice-président de la Ligue algérienne des droits de l’Homme (LADDH). « Bonne Nouvelle : Liberté provisoire pour #KarimTabbou », a abondé Amnesty International (AI), qui avait lancé une campagne internationale en faveur de sa libération.

« Karim Tabbou relâché par ses ravisseurs. Il reste tous les autres. Il restera, ensuite, à libérer la justice », a néanmoins tempéré Abdellah Benadouda, fondateur de Radio Corona Internationale (RCI), une station pro- « Hirak » basée aux États-Unis.

Amnesty a d’ailleurs réclamé « la libération immédiate et sans condition de tous les détenus d’opinion en Algérie ». Selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), une association de soutien, près de 70 prisonniers d’opinion sont actuellement derrière les barreaux, la plupart pour des publications sur Facebook.

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Serait-ce le premier signe d’une clémence généralisée de la part du président algérien Abdelmadjid Tebboune ? Il a également gracié mercredi soir 1er juillet six détenus, dont trois liés au Hirak. La présidence a fait état de cette mesure de clémence dans un communiqué publié à l’approche du 58e anniversaire de l’Indépendance, célébré dimanche et qui est l’occasion d’appels à l’unité nationale.

Depuis son élection le 12 décembre 2019, Abdelmadjid Tebboune avait décrété plusieurs grâces présidentielles au profit de milliers de prisonniers mais jusqu’à présent les détenus du Hirak en avaient été exclus.

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