France

Que vaudra le bac 2020?

Le baccalauréat sera cette année attribué sur le mode du contrôle continu. Sera-t-il dévalué?

Cette année, en raison de la pandémie de coronavirus, le bac sera attribué sur le mode du contrôle continu. Privé d’examen, faut-il craindre que le baccalauréat obtenu en 2020 ait moins de valeur que d’habitude? Les lycéens qui l’obtiendront auront-ils moins de chances de faire de grandes études? Seront-ils stigmatisés sur le marché du travail? «Ce n’est pas un bac donné à la va-vite», a assuré Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, qui a promis que le baccalauréat 2020 ne serait pas un bac au rabais.

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En réalité, cela fait déjà plusieurs années que le bac a perdu de son prestige. Il y a encore quelques dizaines d’années, celui-ci était encore difficile à obtenir. Aujourd’hui, c’est loin d’être le cas. «La très grande majorité des jeunes obtiennent leur bac. Désormais, ce diplôme ne sanctionne plus réellement un niveau d’études, il représente uniquement un examen symbolique qui fait office de rite de passage dans l’enseignement supérieur», estime l’historien de l’éducation Bruno Poucet.

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Au cours des dernières années, le taux de jeunes d’une génération diplômés du baccalauréat n’a jamais cessé d’augmenter. D’après les données publiées par le ministère de l’Éducation nationale, seuls 42% des enfants nés entre 1967 et 1971 l’ont obtenu. Un taux qui est ensuite monté à 69% pour la génération née entre 1967 et 1991, et qui est à présent de 79,7%. Une augmentation qui s’explique notamment par «la croissance du nombre de bacheliers généraux et l’important essor du bac professionnel, mis en place à partir de 1987», estime le ministère de l’Éducation nationale.

Mais le taux de diplômés au bac n’est pas le seul à avoir explosé: celui des élèves parvenant à obtenir une mention n’a jamais cessé d’augmenter au cours de ces dernières années. En 1967, seuls 32% des candidats au bac général en décrochaient une. Désormais, ils sont 52,6% à y parvenir. Des chiffres qui interrogent quant au niveau des diplômés, mais aussi, quant à la valeur du bac. «Il y a sûrement une légère baisse de niveau», confirme l’historien de l’éducation Claude Lelièvre, qui «relativise» toutefois «la baisse de la sélectivité».

«Le taux de réussite sera probablement assez semblable»

La crise du coronavirus et l’évaluation par le biais du contrôle continu ne changent en tout cas pas grand-chose à la «valeur» qu’aura le bac cette année. «Le taux de réussite sera probablement assez semblable à celui des années précédentes, c’est-à-dire, proche des 90%», confirme Bruno Poucet.

«Nous étions à une période où peu de jeunes obtenaient le bac et où les entreprises avaient un très grand besoin de jeunes diplômés qualifiés. Aujourd’hui, la situation est bien différente»Bruno Poucet, historien de l’éducation

Les établissements de l’enseignement supérieur, qui recrutent sur la base des notes obtenues en première et en terminale et ne prennent pas en compte les notes du bac, estiment donc qu’il n’y aura pas de «dévalorisation» du baccalauréat cette année. «Personne ne s’amuse à regarder en quelle année un jeune diplôme a obtenu son bac», argue Laurent Champaney, directeur général de l’école d’ingénieurs Arts et Métiers ParisTech et vice-président de la Conférence des grandes écoles (CGE). «La plupart de nos établissements recrutent sur dossier ou sur concours. Le fait qu’il n’y ait pas d’épreuves pour l’obtention du bac cette année n’est pas du tout un sujet de débat pour nous», ajoute-t-il.

La comparaison avec 68 est impossible

Une étude sur les diplômés de 68 est régulièrement citée comme exemple pour trouver une comparaison avec le bac 2020. Lors de cette année-là, les écrits du bac avaient tous été annulés et les lycéens avaient été notés uniquement sur la base d’épreuves orales. Résultat: 81,3% des candidats avaient obtenu leur diplôme, selon les données publiées par l’Institut national d’études démographiques. Un chiffre de 30% supérieur à celui des années 1967 et 1969.

«À l’époque, le faible pourcentage de jeunes bacheliers trouvait des emplois qualifiés sur le marché du travail, ce qui n’est plus toujours le cas actuellement» Florence Lefresne, directrice du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq)

Et pour les bacheliers de 68, les conséquences avaient été très bénéfiques, selon une étude des économistes Éric Maurin et Sandra McNally intitulée «Vive la Révolution! Les bénéfices de long terme de mai 1968». D’après cette étude, ce bac obtenu plus facilement a permis à de nombreux élèves qui ne l’auraient pas eu en temps normal d’avoir accès à une formation supérieure. Et une grande partie d’entre eux ont par la suite réussi leurs études et leur insertion professionnelle. «Le surcroît de formation dont a bénéficié ce petit groupe s’est traduit par la suite par des salaires significativement plus élevés et des accès plus nombreux aux fonctions d’encadrements», précisent les deux économistes.

Mais l’exemple est absolument incomparable avec la situation actuelle. «Nous étions à une période où peu de jeunes obtenaient le bac et où les entreprises avaient un très grand besoin de jeunes diplômés qualifiés. Aujourd’hui, la situation est bien différente», expose l’historien de l’éducation Bruno Poucet. Un avis que partage totalement Florence Lefresne, directrice du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq): «À l’époque, le faible pourcentage de jeunes bacheliers trouvait des emplois qualifiés sur le marché du travail, ce qui n’est plus toujours le cas actuellement puisque le nombre de diplômés de l’enseignement supérieur est supérieur aux créations d’emplois qualifiés, d’où un phénomène de déclassement. Le bac obtenu actuellement - confinement ou pas - ne peut donc pas être valorisé comme celui de 68», conclut-elle.

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