France

Québec. Cinquième jour de recherches des touristes français disparus dans un accident de motoneige

Pour la quatrième journée d’affilée, une trentaine de policiers ont mené, samedi 25 janvier, de difficiles recherches dans les eaux glacées près du lac Saint-Jean pour retrouver quatre Français disparus après une expédition en motoneige, au lendemain de la découverte d’un premier corps.

La police du Québec a révélé samedi l’identité de la victime retrouvée la veille au fond de l’eau par les plongeurs : il s’agit de Gilles Claude, 58 ans.

« Opération exceptionnelle »

Comme les sept autres touristes français qui participaient à cette excursion, ce passionné de randonnées à motoneige était originaire de l’est de la France.

Habitué des excursions motorisées au Québec où il venait régulièrement depuis des décennies selon ses proches, Gilles Claude était le père de trois biathlètes internationaux, Émilien, Florent et Fabien.

Ce dernier est monté jeudi pour la première fois sur le podium d’une étape de la Coupe du monde de biathlon, à Pokljuka en Slovénie. Il a dédié sa troisième place à son père.

Sur le terrain, la police a continué de mobiliser d’importants moyens pour ce qui est désormais sa « priorité » : retrouver les quatre autres Français.

Samedi soir, Yan Thierry, 24 ans, Jean-René Dumoulin, 24 ans, Julien Benoît, 34 ans, et Arnaud Antoine, 25 ans, étaient toujours introuvables.

« Cette opération est exceptionnelle dans le sens où on recherche beaucoup de corps », explique à l’AFP sur place Hugues Beaulieu, porte-parole de la Sûreté du Québec.

Moins 20 degrés le matin

Le corps de Gilles Claude a été retrouvé à plus de deux kilomètres des points initiaux de recherche dans la rivière Grande décharge, dans une zone non balisée à l’embouchure du lac Saint-Jean où s’est produit l’accident. Cette zone « hors piste » est réputée dangereuse en raison de courants qui fragilisent la couche de glace.

Trois autres Français du groupe ont survécu à des blessures légères et à un choc nerveux. Ils sont rentrés ce week-end dans leur région d’origine.

Leur guide, un Montréalais de 42 ans, est mort mercredi des suites de ses blessures.

Emmenés sur zone par des canots, trois équipes de plongeurs - entre 12 et 16 au total - se relaient toute la journée pour fouiller une vaste zone. Ils sont équipés d’un propulseur sous-marin qui les aide à se déplacer plus rapidement qu’à la seule force des jambes, dans une eau à quatre ou cinq degrés.

Samedi, le soleil favorisait la visibilité. « Ce matin, il faisait -20 degrés, ça a créé un gros nuage de brouillard. On a été retardés parce qu’on ne voyait rien du tout », explique le porte-parole.

Pour les aider, hélicoptères et drones survolent la zone partiellement gelée, au cas où un corps remonterait à la surface. Des policiers patrouillent les sentiers environnants en motoneige.

Chaque passage de chacun des policiers est géolocalisé à l’aide d’un GPS : « on est capable de voir le secteur qui a été passé au peigne fin », estime M. Beaulieu.

Attente « insupportable »

De l’autre côté de l’Atlantique, dans les Vosges (est de la France), l’attente est de plus en plus « insupportable » pour les familles des quatre autres Français.

« C’est l’inconnu, les familles attendent du concret, des nouvelles pour savoir où ils vont, où ils sont, ce qu’il en est de leurs proches », explique à l’AFP Claude Abel, 65 ans, le maire de Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin, est de la France).

« Le choc, l’angoisse, l’émotion » se mêlent à « une attente insupportable pour les familles et les proches », poursuit l’élu de cette petite cité du Val d’Argent, sur le versant alsacien des Vosges d’où sont originaires plusieurs des touristes français.

Samedi en début de soirée, les recherches dans le nord du Québec devaient comme chaque nuit être limitées à des patrouilles à motoneige. Elles reprendront dimanche matin « exactement au même rythme », assure le porte-parole.

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