France

Reconfinement: Aux arbres citoyens

Pas de rhétorique guerrière cette fois-ci dans les propos d’Emmanuel Macron. ‘’Il faut tenir’’. Les citoyens semblent s’accorder à 67% pour dire que les mesures annoncées, et particulièrement le confinement, sont efficaces pour répondre aux enjeux sanitaires. Les français semblent pour autant moins convaincus sur la capacité à répondre aux défis économiques : seulement 50% pensent que le dispositif de soutien peut permettre de maintenir l’économie selon un Sondage Harris Interactive à l’issue du discours du Président de la République. Et il faut tenir pourtant… alors que des pans entiers de l’économie seront à l’arrêt une nouvelle fois et certains secteurs inéluctablement plus touchés que d’autres : tourisme, transport, restauration, culture.

Un indicateur n’est pas pris en compte et n’est pas véritablement mesurable. Et pourtant, il est majeur dans cette nouvelle phase dans laquelle notre pays s’engage. En effet, c’est bien une autre forme de guerre qu’il faudra gagner pour se relever : celle des nerfs des dirigeants, des décideurs et des salariés d’ores et déjà mis à vif par les épisodes du confinement et déconfinement, puis du couvre-feu et des restrictions. Il semble fondamental de dire aujourd’hui que la guerre contre la déflagration économique que nous vivons, contre les inégalités qui exploseront plus fortement, contre le chômage qui va encore progresser, ne se gagnera que si la psychologie s’en mêle, à un niveau individuel et collectif. Et dans ce cadre, il n’est pas question de tenir envers et contre tout ‘’sur les nerfs’’, pour un projet économique qui ne dit pas son nom. Si certaines portes se ferment, si la destruction de nombreux modèles d’avant est désormais certaine, il nous reste des armes de construction massive : celles de notre capacité à organiser une économie différente, à créer, à innover, à se tourner vers ce qui compte vraiment et qui pourrait être le terreau d’un renouveau.

Reprenons les fables de John Elkington, le "parrain du développement durable", qui illustre le changement radical d’un système avec un bestiaire de cygnes noirs et de cygnes verts pour comprendre que c’est le moment de se projeter pour ‘’sou-tenir’’ l’économie (ndlr : pour faire reposer nos activités sur quelque chose de solide, de porteur, physiquement et psychologiquement). L’auteur raconte dans son dernier livre "Green Swans" – les cygnes verts – comment notre monde subit l’arrivée de "cygnes noirs", c’est à dire des événements dramatiques aux conséquences extrêmes. Ces "cygnes verts", qui symbolisent l’écologie, le vivant, l’humain, arrivent alors pour répondre à ces menaces créées par les "cygnes noirs" et proposent des solutions associées aux changements d’état d’esprit, de systèmes économiques, de politiques, de technologies. Ce reconfinement qui démarre ce soir à minuit correspond à un moment précis de la fable animalière de l’auteur : celle de la dernière étape dans laquelle il faut s’engager pour gagner la bataille, loin de faux-semblants, des exercices de communication et des demi-mesures qui répliquent les solutions d’avant. Cette phase ultime commence quand tout est presque mort, quand le système collapse car il met en marche une machine différente pour survivre par la naissance d’idées nouvelles et de propositions concrètes, qui permettent d’extraire les prises décision concernant la vie elle-même – c’est à dire l’humain, le vivant, la nature – de la temporalité des logiques de performance économique à court-terme ‘’pour tenir’’. Le point de bascule peut s’opérer maintenant, si et seulement si les solutions mises en place sont celles qui sont pensées et mises en œuvre par les acteurs du changement. Seuls eux peuvent décider de s’engager dans une voie nouvelle. Et pour la faire advenir, il faut des espaces pour l’imaginer, du temps pour la déployer et du courage pour la faire ‘’tenir’’. Sans faiblir, nous dit l’auteur, devant les attaques des cygnes noirs qui génèrent toujours de la peur. De l’angoisse. De l’incertitude.

Nous en sommes bien là : l’économie pour tenir, pour être soutenue même, doit penser la reconstruction de ses modèles et de ses instances de décisions qui feront vivre un système différent où l’écologie, le social et l’économie sont alors conjugués à la bonne temporalité. Pour ne pas broyer du noir et mettre en mouvement tous les acteurs, ceux qui tiennent encore, ceux qui s’effondrent maintenant, ceux qui craignent pour plus tard, il faut se dire que nous avons des armes citoyens français : nos vies à sauver. Notre modèle socio-économique à réinventer. Nos arbres à faire durer. Alors aux armes.

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