Plusieurs centaines de personnes ont commencé à défiler ce mardi à Paris à l’appel de la CGT, FO, Solidaires et la FSU, au 41e jour de la mobilisation contre le projet de réforme de retraites par points.

Trois jours après l’offre de compromis d’Edouard Philippe de retirer, sous conditions, l’âge pivot du projet, les manifestants marchaient derrière une banderole de tête : « Retraite par points : tous perdants ! retraite à 60 ans, tous gagnants ! Macron, retire ton plan ». Ils se sont élancés dans une atmosphère bon enfant de la place de l’École militaire peu avant 14h30.

« On attend surtout jeudi »

« On veut aller au bout, jusqu’au retrait. On est encore fortement en grève. À la SNCF, il y a encore un beau bazar, avec beaucoup de trains supprimés. Les copains de la RATP tiennent bon, et il y a d’autres secteurs qui se mettent en grève, il y a des AG tous les jours », a déclaré Mathieu Bolle-Reddat, conducteur de train de la ligne C du RER, de la CGT-Cheminot.

« On attend surtout jeudi où la manifestation sera beaucoup plus puissante et appuiera encore plus les copains qui sont en train de s’engager dans des mouvements de blocage particulièrement dans les raffineries », a expliqué de son côté Gabriel Gaudy, secrétaire régional de FO Ile-de-France.

Des propositions de financement fin avril

Il a jugé « assez amusant de lire ou d’entendre ici et là que le mouvement s’essouffle ». « Il suffit d’interroger les gens qui aujourd’hui dans des conditions difficiles vont à leur travail pour se rendre compte que le mouvement ne faiblit pas », a-t-il estimé.

Le gouvernement a fait un pas ce week-end en direction des syndicats réformistes, CFDT et Unsa, qui réclamaient le retrait de la mise en place d’un âge pivot à court terme du projet de réforme des retraites. Mais il l’a assorti de l’obligation pour les partenaires sociaux de trouver des solutions alternatives pour équilibrer le régime financièrement. La future conférence de financement devra rendre ses propositions d’ici fin avril.

Un compromis que le leader de la CGT Philippe Martinez a rejeté en bloc, se disant toutefois mardi « ouvert à » une discussion sur l’équilibre du système des retraites", mais pas dans le cadre contraint proposé par le Premier ministre. L’intersyndicale (CGT, FO, CFE-CGC, FSU, Solidaires et organisations de jeunesse) a appelé à défiler le 16 janvier pour la sixième fois depuis le début du conflit le 5 décembre.