France

Reportage. Des Niçois sous le choc, quatre ans après l’attentat de la promenade des Anglais

Ce jeudi matin, à Nice, le ballet des véhicules d’urgences contrastait avec la quiétude d’une rue commerçante qui s’éveille. Massés à quelques mètres de la basilique Notre-Dame de l’Assomption, sur l’avenue Jean-Médecin, les badauds regardent, choqués, le va-et-vient des secours.

L’attentat perpétré à l’intérieur de l’édifice religieux a fait deux morts (dont le gardien de l’église) et une troisième victime, qui a réussi à s’échapper, mas est décédée dans un café en face de l’église. Christian Estrosi, maire (LR) de Nice, est formel, « il s’agit d’un attentat », et la détermination de l’assaillant ne fait « aucun doute » : « Il a crié Allah Akbar à plusieurs reprises », affirme l’édile.

« C’est vraiment dur d’être niçois en ce moment »

Alors que la police repousse le périmètre de sécurité et procède à l’évacuation des commerces et des bureaux environnants, plusieurs détonations se font entendre. « Les forces de police progressent à l’intérieur de la basilique, où plusieurs objets douteux ont été repérés », poursuit Christian Estrosi. Sur le trottoir, Mika observe, le regard inquiet, ce qui se déroule sous ses yeux. « À 9 heures, ce matin, j’étais à la gare (située à quelques dizaines de mètres de la basilique – NDLR). J’ai entendu des coups de feu, plusieurs. Alors, je me suis mis à courir. Je ne voulais rien voir de tout cela. » « C’est vraiment dur d’être niçois en ce moment », l’interrompt Vanessa. Accompagnée de ses deux jeunes enfants, cette Niçoise de naissance est visiblement très émue. « J’étais en train de me rendre à l’église, pour mettre des cierges pour mes parents. En 2016, j’étais enceinte de mon fils et j’ai encore du mal à me remettre de ce qu’on a vécu cette année-là, sur la promenade des Anglais. Et là, ça recommence, on va y avoir droit tous les cinq ans ? » lance-t-elle le regard embué. Alors que la police fait à nouveau reculer tout le monde, Vanessa tient ses enfants contre elle et, tout en marchant vite, elle poursuit : « Je me sens vraiment touchée, j’ai été baptisée à 9 mois, je ne comprends pas qu’on puisse s’en prendre comme ça à des gens, dans une ville tranquille. »

L’assaillant a été hospitalisé

« Trop, c’est trop ! » Pour Christian Estrosi, il faut « lutter contre l’islamo-fascisme ». Sans jamais prononcer le mot de « décapitation », le maire de la ville explique, face aux caméras des journalistes, que les victimes ont été tuées « de manière horrible… la même que Samuel Paty ». L’assaillant, a priori gravement blessé par la police municipale, a été hospitalisé. Un peu plus bas sur l’avenue, à la sortie du centre commercial Nice Étoile où les badauds, visiblement pas au courant de l’attentat du matin, poursuivaient leurs emplettes, Mohammed et Bernard discutent :

« Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

- Apparemment une attaque au couteau dans l’église. Un attentat terroriste. »

« Il faut parler avec nos jeunes »

Mohammed lève les yeux au ciel. « Ce n’est pas possible. Les gens qui font ça ne sont pas des musulmans. Je suis de culture musulmane, pas pratiquant, mais je sais que les musulmans acceptent tout le monde, c’est une religion de tolérance. » Visiblement agacé de devoir systématiquement se désolidariser des terroristes, ce Niçois depuis quarante ans poursuit : « Je suis français avant tout autre chose. Je n’ai rien à voir avec ces gens, d’ailleurs, ma femme est chrétienne et je vais souvent avec elle à l’église. » Pour Bernard, catholique pratiquant, c’est par l’éducation populaire et la pédagogie que l’on réussira à « sortir de cet engrenage de violence ». « Il faut parler entre nous, entre religions différentes, il faut parler avec nos jeunes, les éduquer, leur ouvrir des horizons », explique celui qui estime qu’aujourd’hui  « l’école ne joue plus son rôle ».

En fin de matinée, l’avenue Jean-Médecin avait déjà pris des allures de confinement. Et les lourds rideaux de fer des boutiques, à peine ouverts pour cette dernière journée d’activité, ont été redescendus les uns après les autres. Les lieux de culte de la ville, eux, ont été mis sous surveillance renforcée.

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