France

Roubaix, de briques et d’art

Au lieu de muséifier son patrimoine historique, Roubaix l’impertinente transforme ses lieux industriels en foisonnants lieux culturels.

Par Laurie Moniez

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Ce n’est pas encore Berlin ni Detroit, mais Roubaix change de visage. Merci de jeter à la poubelle les vieux clichés réduisant la ville des Hauts-de-France à une cité pauvre, désindustrialisée et insalubre. La ville autoproclamée reine du zéro déchet a entamé une mue ancrée dans sa chair, dans ses briques rouges emblématiques des anciennes friches textiles.

Ça bouillonne à Roubaix. A l’image des ateliers Jouret, ressuscités par une quarantaine d’artistes résidents, venus de Paris, de la métropole lilloise et d’ailleurs. Hérité de l’âge d’or du textile nordiste, cet ancien bâtiment de négoce de tissus a rouvert en juin 2017 après trois années de travaux. « On a voulu en faire un lieu orienté vers les métiers d’art, explique Loïc Trinel, inlassable dénicheur de friches, devenu directeur de l’office de tourisme de Roubaix. Ce lieu Art déco, à l’abandon depuis sa fermeture dans les années 1990, avait été conquis par des graffeurs. Avec plusieurs investisseurs privés, nous avons voulu le laisser dans son jus car il raconte une histoire. » Une histoire qui se dessine sur deux étages éclairés par une grande verrière. Les ateliers, loués par des céramistes, plasticiens, sérigraphes ou sculpteurs, s’étalent sur 1 200 m2.

« De voyous à artistes »

A moins d’un kilomètre de là, dans le quartier populaire de l’Epeule, un autre nid d’artistes, lui aussi financé par des privés, a éclos il y a un an. Les Ateliers RémyCo sont devenus le temple du street art. L’odeur des bombes de peinture semble imprégnée dans les murs de l’ancienne usine de confection de la rue Rémy-Cogghe. Ici se côtoient une quinzaine d’artistes issus du graff, du design, du street art ou de la mode. « Le graffiti a longtemps eu une connotation négative mais, à force d’intervenir sur l’espace public de manière légale, ça a changé le regard des gens », raconte Pi80, dont le petit personnage aux grands yeux, large sourire et corps en forme de bombe de peinture, occupe aujourd’hui l’espace urbain de Roubaix, de Marseille ou d’Orléans. Comme d’autres Roubaisiens, Pi80 propose des interventions dans les centres sociaux et les écoles mais aussi des formations pour adultes afin d’apprendre l’usage de la bombe. « Une dame de 68 ans, complètement réticente, est venue à un de nos ateliers, confie-t-il. A la fin, elle ne voulait plus partir ! Notre statut a changé. Nous sommes passés de voyous à artistes. »

Dans chaque projet culturel, les racines de cette ville au lourd passé industriel sont largement revendiquées

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