France

Rugby - Top 14 - Lombard (Stade Français) au Figaro : «Nous avons circonscrit la contamination»

Le Figaro. Les joueurs ont été de nouveau testés jeudi soir. Quelle est la situation ?
Thomas Lombard : Elle est stable. Il n’y a pas d’aggravation. Nos positifs restent positifs et nos négatifs restent négatifs. Il n’y a pas de nouveaux cas. Ce qui signifie, a priori, que nous avons circonscrit la contamination. Et, lundi matin, tous les joueurs repasseront à nouveau les tests.

Quel est l’état de santé des joueurs positifs ?
On n’a aucun cas grave. Que des asymptomatiques.

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Quelle est la suite désormais ?
On peut envisager un retour à la normale lundi pour les joueurs négatifs puisqu’ils ont leurs trois tests négatifs d’affilée. Ils peuvent se ré-entraîner dès lundi puisque nous avons désormais la garantie qu’il n’y a pas de faux-négatifs parmi eux. Et on verra lundi, à l’issue d’une nouvelle série de tests ce qu’il advient de nos joueurs positifs puisque, en théorie, on sera à quatorze jours par rapport au premier cas de contamination à Nice.

Ils pourraient eux-aussi reprendre ?
Oui, mais après s’être soumis aux tests obligatoires quand tu as été positif : bilan cardiaque et test d’effort. Et que les résultats soient bons.

«Reprendre le championnat le 4 septembre sans avoir disputé la moindre rencontre amicale me paraît à haut-risque»

Vous espérez disputer votre match amical contre Toulon le 27 août ?
Pour nous, il reste évidemment d’actualité. Envisager de reprendre le championnat le 4 septembre contre Bordeaux sans avoir disputé la moindre rencontre amicale me paraît à haut-risque...

Cette reprise s’accompagne d’un protocole sanitaire très strict. Trop ?
C’est sûr qu’il est lourd, mais il est nécessaire. A partir du moment où tu as un cas-contact, la meilleure solution reste d’interrompre, au moins le temps d’une semaine, les entraînements avant de repasser les tests. Une semaine c’est beaucoup, mais si ça permet de te prémunir de tout risque et de sauvegarder la suite, ça vaut la peine.

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Le Stade Français n’aborde pas la reprise du championnat dans des conditions optimales.
Quand je dis «nous serons prêts», je parle en terme de joueurs disponibles pour jouer. Après, évidemment, nous ne serons pas, en terme de préparation, dans une situation optimale puisque nous aurons eu cette quatorzaine à l’arrêt, des reprises échelonnées selon les joueurs… On s’adaptera.

Vous ne savez toujours pas comment ce cluster s’est déclenché ?
Non. Et on ne le saura jamais… Il y a des conduites à risque qu’il faut condamner. Il faut absolument réussir à éduquer, à imposer davantage de discipline chez les joueurs. Mais il y a aussi des contaminations qui se font de manière aléatoire et complètement involontaire. Quand je vois qu’en Angleterre, ils mettent en place une mesure de matches perdus pour les équipes qui auraient des joueurs contaminés, ça me semble disproportionné. Après, le fait de devoir insister, de faire davantage de pédagogie, la sécurité à tout prix, évidemment c’est une nécessité absolue. Mais ça ne nous prémunit pas de tout. Mais si on parvient à être assez strict avec nous-mêmes, on limitera un maximum les risques.

«Soit on accepte ce protocole sanitaire et on se dit qu’il y aura un après ; soit on arrête tout»

Le moral de vos joueurs en a-t-il pris un coup ?
Ils tiennent le coup, ils s’accrochent. Mais bon, ils ont pris trois mois et demi de confinement à Paris dans des conditions plus difficiles que quand tu as une maison avec un grand jardin et où tu peux être un peu dehors. C’était déjà une épreuve pour eux. Ils n’ont quasiment pas eu de vacances. Ils ont enfin repris l’entraînement début juin avec une espèce d’euphorie qui s’est installé en retrouvant le terrain. Et puis là, ils reprennent un coup d’arrêt. Il fait 38 degrés et ils se retrouvent de nouveau chez eux, assis devant la télé. C’est raide… Et comme le moment clé de la reprise de la saison approche, c’est forcément déstabilisant. Mais ils ont de la ressource. Ils sont bien accompagnés et épaulés. Et ils se soutiennent les uns les autres. Il y a vraiment un super état d’esprit.

La reprise va se faire dans un climat pesant vu toutes les mesures autour des matches : bulle sanitaire, pas de douches au stade...
C’est vrai, je suis d’accord. Mais est-ce qu’on a une autre alternative ? Je ne pense pas. Soit on accepte ça et on se dit qu’il y aura un après, un retour à un rugby vécu et joué normalement, où on peut communier de façon traditionnelle ; soit on arrête tout. Mais là, on a besoin de jouer. C’est une évidence. Le rugby a plus ou moins disparu. On doit revenir. Le lien social doit être recréé. On sent qu’il y a une attente, une demande des supporters. Il faut y répondre, mais de la manière la plus secure possible. Pour que ce ne soit pas un coup d’épée pour rien mais que ce soit dans la durée.

Avez-vous demandé une dérogation pour dépasser la jauge des 5.000 spectateurs ?
J’ai fait une demande ce jeudi à la préfecture. J’attends maintenant la réponse. J’ai proposé un protocole sanitaire imposant une distanciation d’un mètre entre toutes les personnes présentes dans le stade, le port du masque obligatoire, la distribution de gel hydro-alcoolique à toutes les entrées du stade, la prise de température… Avec une capacité de 20.000 places, on espère avoir l’autorisation de dépasser la jauge des 5.000 spectateurs pour monter à 9-10.000. Mais, là-aussi, la situation est compliquée. On ne peut déjà pas répondre à toute la demande. Et si on restait à 5.000, quels critères d’attribution fixer ? Comment dire oui à un abonné et non à un autre ? C’est délicat. La plupart ont consenti de gros efforts vis-à-vis du club en ne demandant pas de remboursement pour la saison dernière. Ils se réengagent pour cette saison et patatras, on n’est pas certain de pouvoir les satisfaire. C’est difficile. Sans parler du côté convivialité du rugby qui, pour un temps, en prend un coup…

Concrètement, comment allez-vous organiser le retour des spectateurs à Jean-Bouin ? Techniquement, c’est possible, même si c’est un travail de titans côté organisation. On va rajouter du personnel pour aiguiller les spectateurs, on va préparer le stade pour qu’il soit parfaitement sécurisé et aux normes. Mais il faut une volonté de la part des pouvoirs publics et de la préfecture de prendre en compte les difficultés actuelles du sport français en général et du rugby en particulier.

«Le risque est désormais majeur. La faillite des clubs n’est pas loin d’intervenir»

Les clubs sont en danger économiquement ?
Sans aides de l’état, on court à la faillite. Tant qu’il n’y aura pas de retour à la normale, on est obligé de se tourner vers eux. Et on a impérativement besoin de générer à nouveau des rentrées financières. L’économie des clubs a été mise à rude épreuve. Nous sommes dans une situation économique extrêmement préoccupante… Ce n’est pas gai mais on s’accroche. On apprend, on s’adapte. Comme beaucoup d’entreprises en France, on change notre manière de travailler. On ne baisse pas les bras. Il en va de la survie des clubs. Après, il faut que ce soit temporaire sinon… Sans parler des frais supplémentaires : les tests pour les joueurs, les bilans médicaux, le protocole dans les stades avec cette bulle sanitaire… L’addition monte vite. Le risque est désormais majeur. La faillite des clubs n’est pas loin d’intervenir. S’il n’y a pas à terme un rétablissement de la situation, ce sera catastrophique.

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