logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo
star Bookmark: Tag Tag Tag Tag Tag
France

Télévision. Plongée dans la folie douce

C’est un établissement un peu cossu, perdu dans la campagne. Une clinique à dimension humaine, où sont hospitalisés un petit nombre de malades psychiatriques. Au début de cette série en six épisodes, le corps sans vie d’Ana est retrouvé par un patient. Son cœur a été arraché. La police débarque et comprend que le meurtre ne peut avoir été commis que par quelqu’un « de l’intérieur ». Est-il malade, ou l’assassin veut-il faire croire à un crime de fou ? La responsable de cette équipe de la PJ, incarnée par une Béatrice Dalle qui crève l’écran, confie l’enquête à sa plus jeune recrue, Angèle (Noémie Schmidt). Son instinct lui souffle qu’Angèle est la seule qui arrivera à résoudre ce mystère, parce qu’elle n’a pas peur des malades et arrive à communiquer avec eux. Angèle, enthousiaste, se jette à corps perdu dans cette enquête, au grand dam de son entourage proche. Mais elle tait, aussi, tout ce qui la trouble : sa ressemblance physique avec la jeune morte, blonde aux yeux bleus, leur naissance, le même jour de la même année, et le fait qu’elles dorment, toutes deux, avec un tee-shirt identique…

C’est un pari risqué que de placer l’action d’une série télévisée parmi des gens perçus comme fous. Mais la série, intelligente, écrite par Jeanne Le Guillou et Bruno Dega, assume ce parti pris audacieux. Les malades sont toujours touchants et souvent drôles, de Mylène Demongeot en voyante à Florence Thomassin en érotomane, en passant par Émilie Dequenne en femme en pleine dépression nerveuse. La série est aussi maligne : elle explique que la folie n’est pas forcément dangereuse, qu’on peut la côtoyer dans de vraies relations humaines. Et que la normalité est un concept très fragile. Elle montre aussi, grâce aux personnages du couple de propriétaires de la clinique, deux conceptions opposées de la psychiatrie : la première, incarnée par Hippolyte Girardot, est pétrie de respect pour chacun de ses malades, et croit à la parole, à l’ouverture sur le monde. L’autre, incarnée par celle qui joue son épouse, Judith El Zein, croit à la contention et aux médicaments, à l’argent. Une réussite.

Caroline Constant

All rights and copyright belongs to author:
Themes
ICO