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France
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Toulouse. Un «Plan Marshall» pour soutenir les commerces du centre-ville

La mairie de Toulouse, accompagnée par les acteurs économiques, déclenche un plan d'envergure pour les commerçants et artisans du centre-ville. La crise des Gilets jaunes impacte les plus fragiles d'entre eux.

La Chambre de commerce et d'industrie de Haute-Garonne (CCI) a fait les comptes. Après six samedis de manifestation des Gilets jaunes, fin décembre, 7 commerçants sur 10 avaient perdu 30 % de chiffre d'affaires minimum, en centre-viille de Toulouse. Et 2 sur 10 avaient perdu plus de 50 % de leur chiffre.

«Sur les 250 commerçants qui ont répondu à notre enquête, 97 % ont accusé une baisse de fréquentation», précise Boris Restier, chef de cabinet du président de la CCI. Soixante-quinze commerces ont déclaré des dégâts suite aux manifestations, auprès de la «Cellule de crise Gilets jaunes» mise en place par la CCI et la Chambre de métiers (CMA). La cellule a reçu «une centaine de courriels et d'appels téléphoniques, un chiffre conséquent, même si beaucoup n'osent pas demander de l'aide».

«Plusieurs centaines de milliers d'euros»

Pour soutenir les commerçants, dont «deux ou trois sont à deux doigts du dépôt de bilan», affirme le représentant de la CCI, le maire de Toulouse a réuni, samedi 12 janvier, la Fédération des associations de commerçants de Toulouse, la CCI, la Chambre de métiers et les syndicats CPME 31 et Medef 31.

Un plan de «plusieurs centaines de milliers d'euros» sera proposé lors d'un conseil municipal exceptionnel, indique la Ville. À la clé, l'exonération des droits de terrasse pour les mois de décembre et janvier pour les commerçants impactés, l'annulation des droits de place pour les commerçants des marchés de plein vent annulés. La Région Occitanie sera sollicitée pour la création d'un fonds d'urgence. Mi-décembre, la CCI de Toulouse avait mis en place un fonds d'urgence de 300 000 €. Des aides à la trésorerie de 3 000 €, remboursables, ont été attribuées.

Le maire écrira également au Président de la République, pour lui demander sa part de soutien, via une exonération des charges sociales patronales.

Le maire de Toulouse a fait ses courses en centre-ville, vendredi dernier, pour «donner l'exemple».

Moudenc : «Les plus petits trinquent»

«Je l'ai fait pour inciter symboliquement les Toulousains, pour qu'ils reviennent au centre-ville. Il faut que nous aidions le commerce toulousain et la meilleure façon de l'aider, c'est de consommer», a expliqué Jean-Luc Moudenc à «La Dépêche».

«Ces manifestations provoquent de la casse et éloignent les consommateurs du centre-ville, a-t-il ajouté. Ce sont les petits qui trinquent d'abord. Les gros ont les reins solides. Beaucoup de gens qui ont peur ne viennent plus au centre-ville. La situation devient extrêmement tendue, cela s'est fait ressentir sur le commerce. Certains commerces sont au bord de l'abîme.»

Le chiffre : 300 000

Euros >Fonds d'urgence. Il a été mis en place par la Chambre de commerce et d'industrie au mois de décembre 2018.

« En décembre, le nombre de personnes ayant réalisé des visites guidées a chuté de 25 % par rapport à 2017 ».

L'office de Tourisme de Toulouse

Repères

Les commerces en très grand danger

Les commerçants se réunissent ce mardi pour parler de leur colère et de leur inquiétude sur leur situation après des semaines de chaos en centre-ville. «Les commerces sont à terre, nous n'avons plus de clients, martèle Olivier Bouscatel, professionnel à l'initiative de cette réunion avec la Fédération des commerces du centre-ville et les chambres consulaires. C'est une réalité et pas simplement des mots, poursuit-il. Pour ma part, j'enregistre – 40 % en décembre». Il ajoute, «les institutions font un travail remarquable mais les outils manquent». Cet avis correspond à l'ensemble des commerçants du centre-ville qui depuis des semaines, ne travaillent plus. Restaurants, hôtels, lieux de tourisme… ont énormément souffert du chaos social. «L'économie du centre-ville est fragilisée. Même si nous attendons fin janvier pour affiner les chiffres», relève Sylvie Rouillon-Valdiguié, maire adjointe au tourisme. Côté hôtel, on note une baisse de 50 % pour certains indépendants en décembre, «une grosse problématique, avoue Frédéric Michel de l'Umih 31, qui reconnaît que les emplois sont menacés. Et pire encore, au 15 janvier, nous n'avons pas de réservation». Idem pour l'hôtel Riquet avec une chute de 30 % entre novembre et décembre, «les annulations ont été très nombreuses, surtout avec les clients du marché de Noël», assure la directrice Valérie Piganiol.

«Si en novembre- décembre, nous n'avons pas eu de réelle baisse, on relève une chute de 40 % depuis début janvier sur les réservations. C'était prévisible», constate Didier Vincent du Crowne Plaza.

Côté restauration, ce n'est guère mieux. La brasserie de l'Opéra place du Capitole totalise une perte de 40 %, «une première dans ce restaurant, assure Gratien, le responsable. Je vais être contraint de me mettre aux fourneaux au lieu d'embaucher». Le canal du Midi n'a pas été épargné puisque l'activité croisière note une régression de 15 % depuis fin octobre par rapport à 2017. A l'exemple du bateau restaurant L'Occitania. La culture a elle aussi été touchée. Même si les nouveaux projets comme la Machine ont impulsé la fréquentation, notamment des touristes espagnols. Le musée Dupuy et sa très belle exposition sur Jean-Paul Marcheschi a, chaque samedi, dû fermer les portes accusant une baisse de 15 %. Les taxis ont aussi matière à grogner, «le samedi, c'est ville morte (-30 %). On a très peu de clients (-60 % en volume d'appels)», assure Stéphane Abeilhou, président du syndicat des taxis d'Occitanie.

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