France

Tragédie de Beyrouth : « Une incarnation de la déliquescence de l’État libanais »

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Pascal Monin, professeur à l’Institut des sciences politiques de l’Université Saint-Joseph, à Beyrouth, était sur place, mardi soir, alors que deux explosions secouaient la capitale libanaise. Il livre son analyse des faits.

« Le bruit était énorme, la terre s’est mise à trembler. C’est sans commune mesure au Liban », témoigne Pascal Monin, encore sous le choc. Professeur à l’Institut des sciences politiques de l’Université Saint-Joseph, à Beyrouth, il a assisté effaré, aux deux explosions successives survenues dans la capitale libanaise, mardi soir. Au lendemain de la catastrophe, il fait un premier constat. « Une grande partie de la ville est dévastée. Beaucoup d’endroits sont maintenant des champs de ruines ».

« C’est à se demander si ce peuple est maudit »

Déjà en banqueroute, le pays va devoir assurer les coûts d’un tel cataclysme. Ils s’élèveraient à plusieurs milliards de dollars. « Tout n’est pas encore constaté mais un premier rapport fixe un minimum de 4 à 5 milliards de dollars rien que pour réhabiliter le port de Beyrouth ». Il était l’axe principal du pays, voire de la région. À cela, il faut rajouter la crise économique, financière et sociale que traverse le pays depuis un an. « C’est à se demander si ce peuple est maudit », lâche Pascal Monin.

D’après le Premier ministre, Hassan Diab, ce serait l’explosion de 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium qui aurait provoqué l’explosion. Malgré tout, la thèse d’une attaque étrangère reste une hypothèse pour beaucoup. « Nous sommes dans une période où plus personne ne croit en rien. Il n’y a aucune confiance dans les sources officielles », explique Pascal Monin. L’heure est aux règlements. « Ce qui s’est passé est une incarnation de la déliquescence de l’État, de l’incompétence de nos dirigeants. Quand une famille construit un balcon illégalement, tous les policiers de la ville viennent l’arrêter. Là, nous avons une quantité astronomique de nitrate d’ammonium entreposée depuis 2014 sans que personne ne réagisse ».

Il y aura « un avant et un après »

Le risque serait que des boucs émissaires paient pour les vrais responsables. « Ce n’est qu’un exemple de ce qui se passe chaque jour dans ce pays depuis 30 ans », rappelle l’universitaire. Pour lui, il y aura « un avant et un après cette explosion ». Elle est la goutte d’eau qui fera déborder le vase. « Les Libanais sont pris en otages par leurs dirigeants et les ingérences étrangères depuis trop longtemps. Ils ne peuvent plus l’accepter. Aujourd’hui, nous avons un cri de colère de la part de la société civile, qui ne demande qu’à être aidée ». C’est dans la difficulté que l’on reconnaît ses vrais amis. Hier, Pascal Monin l’a vu de ses propres yeux. « Il y a eu un élan de solidarité hors norme. Tout de suite, les gens se sont mis à déblayer. On conserve ce petit espoir né de la révolution en octobre, cet espoir d’un changement. Je pensais que nous étions un peuple résigné mais j’ai vu que ce n’était pas le cas », atteste-t-il. Il appelle la communauté internationale à agir. « J’espère beaucoup de la visite d’Emmanuel Macron demain ».

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