Fragilisé par des soupçons de conflits d'intérêts après des oublis dans sa déclaration, le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye a rectifié sa copie. Dans sa nouvelle déclaration d’intérêts adressée à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), il fait état de 13 mandats, dont 11 bénévoles, soit dix de plus que dans la version initiale, selon le journal Le Monde.

Dans cette nouvelle déclaration figurent majoritairement des activités bénévoles dans des associations, de « Civic tech », à la Fédération française des diabétiques, ou encore dans une fondation qui dispense des cours d’éveil artistique aux jeunes. « J’ai fait ces omissions car pour moi, c’était de l’ordre de l’engagement social » s’est justifié Jean-Paul Delevoye dans un entretien accordé au quotidien.

Plusieurs omissions mises au jour

Depuis le début de la semaine, le « Monsieur retraites » du gouvernement est rattrapé par ses oublis. Il avait reconnu il y a quelques jours avoir omis de déclarer sa fonction d’administrateur bénévole dans un institut de formation de l'assurance, l’Ifpass. D’autres oublis sont ensuite apparus : il siège bénévolement depuis 2016 au conseil d’administration de la Fondation SNCF, et préside l’Observatoire régional de la commande publique des Hauts-de-France.

Jean-Paul Delevoye a aussi cumulé sa fonction gouvernementale avec celle, rémunérée, de président de Parallaxe, un institut de réflexion sur l’éducation dépendant du groupe de formation IGS, cumul qu’il avait déclaré mais qui, a-t-il appris depuis, n’était pas autorisé. Face à la polémique, il a démissionné de ses fonctions et s’est engagé à rembourser les sommes perçues.

Des rémunérations revues à la hausse

La nouvelle déclaration revoit par ailleurs les rémunérations du ministre délégué à la hausse. Cumulées, Jean-Paul Develoye aurait ainsi perçu plus de 12.000 euros net par mois en 2018. Selon Le Monde, il a touché 78.408 euros net au titre d’un ancien poste de « conseiller du délégué général » du groupe IGS, ainsi que 73.338 euros net en 2018 et 62.216 en 2019 en tant que président d’honneur du groupe de réflexion Parallaxe.

Regrettant une « erreur » qu’il estime avoir « réparée », Jean-Paul Delevoye déclare enfin qu’il veut « continuer à défendre et soutenir ce projet (de réforme des retraites) dans le souci du dialogue social et dans une démarche d’apaisement de notre société ». Sa «bonne foi est totale», a estimé Édouard Philippe, mettant fin à l’incertitude qui planait sur une possible démission, évoquée par l’intéressé lui-même pour « préserver » sa réforme très décriée.