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Trump : l’Amérique blanche comme stratégie électorale

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En appelant quatre élues issues de minorités à « retourner dans leurs pays », le président américain a accentué les divisions.

Par Corine Lesnes

Temps de Lecture 10 min.

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Donald Trump à Greenville, en Caroline du Nord, le 17 juillet. ZACH GIBSON / AFP

En 1960, John Steinbeck, qui avait entrepris de voyager en roulotte autour des Etats-Unis pour renouer avec l’âme de l’Amérique, s’était arrêté à La Nouvelle-Orléans. L’écrivain y était tombé sur un spectacle qui l’avait « révulsé » : des mères de famille blanches houspillant une fillette noire entrant à l’école sous protection de la police fédérale, en vertu de la politique de déségrégation. Les vociférations l’avaient tellement choqué qu’il avait coupé court au voyage et était rentré au plus vite à New York.

En trois jours, Donald Trump a ramené les Etats-Unis des décennies en arrière. Les images de son rassemblement électoral, mercredi 17 juillet à Greenville (Caroline du Nord), ont inspiré à nombre d’Américains une réaction similaire à celle de Steinbeck : « Terrifiant. »

On y voit quelque 8 000 personnes drapées dans des bannières marquées Trump, coiffées de casquettes rouges et vêtues – déjà – de T-shirt préfigurant ce qui s’annonce comme le message du président en campagne pour sa réélection : « L’Amérique, aimez-la ou quittez-la. »

Des supporteurs de Donald Trump à Greenville, en Caroline du Nord, le 17 juillet. ZACH GIBSON / AFP

Huit mille personnes dans une arène de sport, chauffées à blanc par M. Trump, qui, après avoir désigné ses cibles, quatre élues issues de minorités, quatre femmes aussi combatives que télégéniques, s’en prend particulièrement à la représentante du Minnesota, Ilhan Omar, d’origine somalienne, qu’il accuse d’antisémitisme « vicieux ».

« Send her back ! Send her back »

Derrière les huées, le slogan monte, s’amplifie, envahit la salle. Autour de M. Trump, on aperçoit des Américains de tous les jours, des adolescentes en tenues cool qui, une fois compris le message, reprennent avec entrain : « Send her back ! Send her back. » La foule réclame le « renvoi » des Etats-Unis d’une parlementaire élue par le peuple américain.

Impassible, le garant de la Constitution laisse enfler les voix. « Send her back ! » Le scandé est celui du « lock her up » (« mettez-la en prison ») de 2016, dont les militants s’abreuvent encore dès qu’est cité le nom d’Hillary Clinton. Si la base était orpheline d’une cible, elle l’a trouvée.

Le meeting avait été prévu pour coïncider avec la première audition du procureur Robert Mueller au Congrès, reportée depuis au 24 juillet. Il est venu ponctuer une offensive de plusieurs jours de M. Trump contre les quatre jeunes congresswomen, Alexandria Ocasio-Cortez, Ayana Pressley, Rashida Tlaib, et Ilhan Omar, dont il a décidé de faire le symbole de la dérive « socialiste » du Parti démocrate.

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