France

Un décès à la Cour suprême redonne la main à Trump

Au fil des élections présidentielles, les politologues américains ont forgé une expression propre aux campagnes outre-Atlantique : la « surprise d’octobre ». Il est en effet fréquent que, dans le mois précédant le scrutin, survienne un événement imprévu qui change la dynamique de la course à la Maison-Blanche. Comme l’annonce par le FBI, en octobre 2016, de l’ouverture d’une enquête sur la candidate Hillary Clinton.

La mort, vendredi 18 septembre, de Ruth Bader Ginsburg, figure de la gauche américaine et juge depuis vingt-sept ans de la Cour suprême, n’est pas tout à fait une surprise. Âgée de 87 ans, celle qu’on appelait par ses initiales, RBG – privilège des personnalités de haut rang comme JFK ou FDR (1) –, luttait contre un cancer du pancréas et avait été hospitalisée à deux reprises cet été. Et octobre n’est pas encore arrivé. Mais une chose est certaine : la campagne présidentielle n’est plus la même depuis l’annonce de ce décès.

Alors que le pays s’apprête à franchir le seuil des 200 000 morts du Covid-19, le voilà engagé dans un tout autre combat, qui va le passionner pendant les prochaines semaines. Car la Cour suprême est l’institution qui tranche tous les débats de société, ceux qui divisent de plus en plus les États-Unis. C’est elle, et non les élus, qui ont le dernier mot sur les sujets clivants que sont l’avortement, le port d’arme ou encore la peine de mort. Ce sont les sages qui ont mis fin à la ségrégation et ont légalisé le mariage homosexuel.

Or il appartient au président de nommer, à vie, les juges de la Cour suprême. « C’est une aubaine pour Donald Trump, assure un diplomate européen en poste à Washington. D’abord parce qu’il va retrouver une stature présidentielle dans un rôle institutionnel très important. Surtout après des mois extrêmement chaotiques. Ensuite parce que la nomination d’un juge à la Cour suprême structure tout le discours qu’il tient depuis cet été autour des valeurs de l’Amérique. »

Donald Trump se voit ainsi offrir l’occasion de concentrer l’actualité autour de sa personne et de la « guerre culturelle », thème devenu central dans sa campagne. La nomination d’un juge, qui suppose la confirmation du choix présidentiel par le Sénat, dure entre six semaines et deux mois en temps normal, ce qui signifie que, sauf autre événement majeur d’ici au 3 novembre, le sujet va dominer la fin de la campagne, reléguant au second plan la pandémie et autres sujets délicats pour le candidat Trump.

À l’attention des Américains attachés à une vision traditionnelle de la société, le locataire de la Maison-Blanche va pouvoir affirmer son action en matière judiciaire. C’est l’un des rares domaines dans lesquels il peut se prévaloir d’une grande efficacité en faveur de son électorat, avec la nomination de deux juges conservateurs à la Cour suprême et de plus de 200 juges de la même école de pensée aux niveaux inférieurs du système judiciaire.

« Ce décès intervient à un moment où on voyait la confiance des évangéliques et des catholiques envers le président s’effriter, en raison de la mauvaise gestion de la pandémie, poursuit le diplomate européen. L’accent mis sur la question des valeurs peut les ramener dans le giron républicain. »D’autant que Donald Trump, en remplaçant Ruth Bader Ginsburg, peut ancrer la Cour à droite, avec un rapport de force de six juges conservateurs contre trois. D’où l’empressement du Sénat, réaffirmé le 18 septembre par son président républicain, Mitch McConnell, à boucler le dossier avant l’investiture du prochain chef de l’État, en janvier. Mitch McConnell ne craint pas de se désavouer : il y a quatre ans, il avait bloqué la succession d’un juge conservateur, décédé en février, estimant que la décision devait revenir au futur président, et non à Barack Obama.

Cette volte-face étonnante ne fait pas l’unanimité dans le camp du président. Certains sénateurs républicains, dont le siège est soumis à réélection le 3 novembre, hésitent. Or le Sénat compte 53 républicains contre 47 démocrates. Le choix du candidat de Donald Trump – une femme probablement – sera déterminant. C’est bien lui qui a les cartes en mains.

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