France

Une baisse du chômage en trompe l'oeil au mois d'octobre

Le nombre de demandeurs d'emploi a baissé pour la sixième fois consécutive au mois d'octobre mais qui n'empêche pas une montée de la précarité. Le gouvernement multiplie les annonces pour faire face. Malgré tout, certains secteurs restent dynamiques et recrutent.

Le chômage a baissé au mois d'octobre

Le chômage a baissé au mois d'octobre

AFP/Archives - PASCAL GUYOT

Voilà une bonne nouvelle en trompe-l’œil. Le chômage a encore baissé, pour la sixième fois consécutive : d’après la Dares, le service statistique du ministère du Travail, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A, ceux qui n’ont pas travaillé dans le mois, la plus scrutée, a reculé de 1,6 point, soit 60 100 personnes inscrites en moins à Pôle emploi, pour se porter à 3,794 millions. Ce reflux concerne toutes les régions et toutes les tranches d’âge, notamment les jeunes (-2,4 %). Principale explication : la reprise d’une activité réduite d’une part importante de chômeurs qui du coup sorte de la catégorie A vers la catégorie B (moins de 78 heures par mois).

Toutefois, le nombre de chômeurs reste à un niveau très élevé, supérieur de 10 % à celui de fin février avant le début de la crise sanitaire. Paradoxe : la Dares ne constate pas de très forte augmentation des licenciements économiques malgré la multiplication des annonces de plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Danone, Total… La liste s’allonge des grosses entreprises qui décide de licencier s’allonge jour après jour, ce qui fait craindre le pire pour 2021. En effet, il y a toujours décalage de plusieurs mois entre la déci...

Le chômage a encore baissé, pour la sixième fois consécutive : d’après la Dares, le service statistique du ministère du Travail, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A, ceux qui n’ont pas travaillé dans le mois, la plus scrutée, a reculé de 1,6 point, soit 60 100 personnes inscrites en moins à Pôle emploi, pour se porter à 3,794 millions. Ce reflux concerne toutes les régions et toutes les tranches d’âge, notamment les jeunes (-2,4 %). Principale explication : la reprise d’une activité réduite d’une part importante de chômeurs qui du coup sorte de la catégorie A vers la catégorie B (moins de 78 heures par mois).

Toutefois, le nombre de chômeurs reste à un niveau très élevé, supérieur de 10 % à celui de fin février avant le début de la crise sanitaire. Paradoxe : la Dares ne constate pas de très forte augmentation des licenciements économiques malgré la multiplication des annonces de plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Danone, Total… La liste s’allonge des grosses entreprises qui décide de licencier s’allonge jour après jour, ce qui fait craindre le pire pour 2021. En effet, il y a toujours décalage de plusieurs mois entre la décision et la mise en œuvre effective d’un PSE.

Le gouvernement sur le pont

Pour tenter d’enrayer cette spirale infernale, le gouvernement a lancé récemment plusieurs initiatives comme le lancement d’une plate-forme numérique, un jeune une solution : "L’idée c’est de proposer trois types de solutions aux jeunes : des offres d’emploi, des alternances et des formations, explique Benjamin Ducousso, le PDG de Wizbii, la start-up qui a remporté l’appel d’offres du ministère du travail pour développer l’outil digital. Et pour les jeunes en difficulté, il y a la possibilité d’être rappelé par un conseiller des missions locales". "L’objectif, c’est de recenser rapidement quelque 100 000 offres d’emploi", poursuit l’entrepreneur numérique dont l’entreprise compte 110 salariés en France, répartis sur trois sites (Grenoble, Pau et Paris).

Cette plateforme est la partie visible du plan jeune du gouvernement qui commence à porter ses fruits. "Il se déploie très bien, se félicite Élisabeth Borne, la ministre du Travail dans une interview aux Echos. Sur le mois d’octobre, 923.00 jeunes ont été embauchés, soit le même nombre que l’année dernière. S’y ajoutent les 172.000 demandes de l’aide pour l’embauche d’un apprenti. Malgré le second confinement, je pense que nous allons battre le record de 353.000 contrats d’apprentissage signés en 2019 dans le secteur privé. Pour boucher quelques trous dans la raquette, l’exécutif a décidé de créer quelque 1.600 emplois réservés aux étudiants qui ne peuvent plus travailler pour payer leurs études."

Autre annonce forte pour lutter contre la précarité des personnes qui enchaînent les contrats courts : "j’ai proposé au Premier ministre l’instauration d’une aide exceptionnelle, ciblée sur des personnes qui travaillaient significativement avant la crise, poursuit aux Echos Élisabeth Borne. Environ 300.000 personnes, dont 70.000 jeunes seront concernées."

Certains secteurs résistent

Malgré le choc sans précédent de la crise économique due au coronavirus, le marché de l’emploi reste dans certains secteurs dynamique. "Celui de la santé et du paramédical est assez dynamique, détaille Emmanuel Chion, adjoint au directeur des statistiques, études et évaluation à la direction générale de Pôle emploi. Nous avons collecté quelque 25 000 offres par mois depuis septembre. Cela concerne des postes d’aide-soignant, d’infirmier… Les secteurs de la construction, de la logistique ou encore des métiers liés au nettoyage et à la propreté industrielle se portent bien." Et de poursuivre : "En tout, nous dénombrons 230.000 offres d’emploi déposées à Pôle emploi par des entreprises. Certes, depuis le début de la crise sanitaire, le nombre d’offres a baissé significativement. Mais cette baisse est moins forte actuellement que lors du premier confinement."

Pour faire face à la crise, Pôle emploi innove en temps de crise avec de nouveaux services comme la plateforme numérique Mobilisation Emploi, lancée pendant le confinement, qui collecte des offres d''emploi dans des secteurs en tension comme le Médico-Social, la Logistique, l’Aide à Domicile… En parallèle, "les agences organisent quatre fois par mois des opérations de recrutement autour de ces métiers ou ciblées sur les jeunes", Christelle Miot, adjointe à la directrice des services aux entreprises 

Autre nouveauté : la mise en place courant 2021 d’un outil d’intelligence artificielle pour faciliter le "matching" entre les offres déposées en ligne et les candidatures des demandeurs d’emploi. L’objectif : renforcer le diagnostic de la situation du demandeur d’emploi (quelles chances de retrouver un emploi sur un territoire donné, comment évoluer vers les métiers qui recrutent…) et mieux analyser les besoins des entreprises (en anticipant les difficultés de recrutement par rapport au marché du travail, en optimisant la satisfaction. Une approche qui rappelle celles des mastodontes du secteur de l’intérim comme Adecco qui ont développé en interne des solutions big data. "Cela pourrait faciliter la vie des conseillers qui n’auraient plus à traiter une grande quantité de mails, l’outil filtrant ceux qui ont besoin d’une réponse approfondie, avance David Vallaperta, le délégué syndical CFDT. A la clé, la qualité du service délivré aux chômeurs serait améliorée."

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