France

Une collectivité de Seine-Saint-Denis va déprogrammer le film « J’accuse » de Polanski

Dans un contexte où les projections de « J’accuse » de Roman Polanski, visé par une nouvelle accusation de viol, font polémique, la collectivité Est Ensemble de Seine-Saint-Denis a annoncé qu’elle allait déprogrammer le film de ces six cinémas publics.

Le film « J’accuse » de Roman Polanski, avec Jean Dujardin dans le rôle du capitaine Dreyfus, est sorti le 13 novembre. | GUY FERRANDIS / LÉGENDAIRE – R.

La collectivité Est Ensemble, qui regroupe neuf communes de Seine-Saint-Denis, a décidé de déprogrammer de ses six cinémas publics le film J’accuse de Roman Polanski, visé par une nouvelle accusation de viol, a-t-elle annoncé mardi 19 novembre. Après un débat que j’ai souhaité en conseil de territoire sur la programmation du film, j’ai décidé à l’écoute des interventions de déprogrammer ce film des cinémas publics d’Est Ensemble , a tweeté mardi soir Gérard Cosme, président PS de cet établissement public territorial (EPT), qui compte notamment les villes de Montreuil, Pantin, Romainville ou Bobigny.

« À titre personnel, je n’irai pas voir le film »

Plusieurs élus, de droite comme de gauche, sont intervenus lors de cette réunion pour plaider en faveur d’une déprogrammation, a précisé Est Ensemble. Aucun élu n’a pris la parole pour défendre une position inverse, a assuré la collectivité. Au vu de ces interventions, Gérard Cosme va donc demander aux directeurs des différents cinémas de déprogrammer le film.

Avec six cinémas et treize écrans, Est Ensemble est à la tête du premier réseau de cinémas publics de France. À titre personnel, je n’irai pas voir le film de Roman Polanski et j’appelle les spectateurs à faire de même , avait déjà déclaré Gérard Cosme dans un communiqué envoyé avant le conseil de territoire. Ce film sort dans un contexte dont on ne peut faire abstraction , avait-il ajouté en évoquant le mouvement #MeToo.

Une promotion qui « ne fait que raviver les souffrances des victimes »

La promotion d’un film, dont le réalisateur est soupçonné de violences à caractère sexuel, ne fait que raviver pour les victimes les souffrances passées et doit interroger notre société sur la place que l’on accorde à un tel artiste, avait-il ajouté.

Il avait cependant dit qu’il ne déprogrammerait pas le film, pour laisser la liberté de programmation artistique aux directeurs des équipements.Samedi soir, une séance de J’accuse a été annulée à Rennes après l’intrusion dans une salle de cinéma de militantes féministes opposées au film.

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