Le quotidien L’Intelligent, d’Abidjan, revient sur les attentes de l’Union africaine (UA) concernant le scrutin du samedi 31 octobre : “Le président du Conseil constitutionnel a reçu hier la mission d’observation électorale de l’UA, conduite par Dileita Mohamed Dileita.”

L’Intelligent cite les propos du chef de la mission au sortir de cette rencontre : “Nous pensons que les choses seront faites de manière extraordinaire. Nous encourageons le Conseil à aller de l’avant pour que cette élection puisse se dérouler dans de très bonnes conditions. Et ce matin même, j’étais avec le ministre de la Sécurité. Je crois que les choses au niveau sécuritaire sont bien. C’est ainsi que l’Union africaine est venue ici pour accompagner le peuple ivoirien, et notre souhait le plus cher, bien sûr, c’est que cette élection se passe de manière apaisée sur l’ensemble du territoire.”

L’opération “Barrissement de l’éléphant a été lancée récemment afin de sécuriser l’élection du 31 octobre”, nous dit le site d’informations ivoirien Linfodrome, qui ajoute que 35 000 membres des forces de défense et de sécurité seront mobilisés sur tout le territoire national : 14 000 policiers en zone rurale, 14 000 gendarmes pour la zone périurbaine et 7 000 militaires.

“À deux jours du scrutin, Abidjan est en apnée”, affirme le journal Aujourd’hui, au Burkina. Le titre s’est intéressé à l’ambiance dans les rues de la capitale économique. “Abidjan était plutôt calme hier… un calme avant la tempête ?” s’interroge Aujourd’hui.

Entre les partisans du président sortant et ceux de l’opposition, chacun y va de son appréciation. Sans qu’on ne sache ce qui se passera ce samedi, surtout l’après-élection, un remake de l’interminable cahotement politico-militaire de 2010 étant dans tous les esprits.”

L’envoyé spécial d’Aujourd’hui à Abidjan nous emmène au siège de la CEI, la Commission électorale indépendante. “Un important dispositif sécuritaire y est. Les policiers, gendarmes et militaires déployés avec armes au poing observent les mouvements des piétons, taxis et autres véhicules. Les réunions s’enchaînent ‘pour les derniers réglages’”, confie le responsable de la communication de la CEI. Qui lance du même coup : “Ne vous en faites pas, tout sera prêt à temps. Tous les bureaux de vote seront ouverts le 31 octobre, et ce pendant dix heures.”

“En attendant, sur le boulevard Latrille, des partisans du candidat Alassane Ouattara font le show”, raconte Aujourd’hui. Dans une ambiance surchauffée rythmée par des prestations musicales, les slogans de campagne sont repris par la centaine de soutiens. Un des organisateurs explique : “Nous soutenons notre leader, Alassane Ouattara. On va mettre l’ambiance jusqu’à la fin de la campagne.”

À la question de savoir s’il ne craint pas des affrontements le jour du scrutin. Sa réponse est sans ambages : “S’il y a des troubles, il appartient aux forces de sécurité de mettre de l’ordre. Nous, on veut voter, et on ne va pas répondre aux fauteurs de troubles.”

Frédéric Couteau