France

Vie de famille ou carrière, le choix douloureux de la femme au Japon

Paradoxalement, sur la photo du nouveau gouvernement japonais, au milieu des gérontocrates couleur de muraille habillés en queue de pie, on ne remarque qu’elles : les deux femmes ministres qu’a bien voulu nommer Yoshihide Suga. Deux. Sur 21! Un cliché désormais culte, triste comme une vieille fanfare de village, qui illustre le triste sort réservé à la partie féminine de la population.

Lors de son retour au pouvoir il y a huit ans, Shinzo Abe se faisait le champion de l’insertion et de la promotion des femmes sur son marché du travail. Il avait épousé les thèses de la très médiatique Kathy Matsui, économiste en chef de Goldman Sachs au Japon, qu’elle résumait en une formule attrape-tout et attrape-toutes : Womenomics. Sourire carnassier, cette papesse des marchés financiers nippons avait énuméré dans une retentissante étude les immenses potentialités d’une mise à niveau du Japon par rapport aux autres grandes économies sur ce plan. Elle y décernait “10% de PIB supplémentaire”. De quoi faire rêver dans une économie qui plafonne à 1% de croissance par an.

Bond du taux d'emploi des femmes

Huit ans plus tard, Shinzo Abe a bien rempli la première partie du contrat. Le taux d’emploi des femmes est passé de 64 à 71%, surpassant celui de la zone euro (62%) et des États-Unis (66%), a calculé Kathy Matsui dans une récente étude. En revanche Shinzo Abe n’a rien fait pour promouvoir les femmes. Elles sont devenues pléthoriques dans le “précariat” japonais (56% d'entre elles travaillent à temps partiel), aux côtés des immigrés. L’entrée de ces deux catégories de personnes sur le marché du travail a été si massive qu’elle a permis de compenser pour l’instant le rétrécissement “naturel” de la population active : si les 15-64 ans ont fondu de 4 millions d’âmes en huit ans, le nombre de personnes au travail a grossi de 1,9 million dans le même temps, observe Ryutaro Kono, de BNP Paribas, dans une étude. 

Omniprésentes dans l'emploi non qualifié (serveuses, manutentionnaires, désormais déménageuses, livreuses, policières...), les femmes demeurent cruellement absentes des grands organes de décision du pays (gouvernement, conseil d’administration des grandes entreprises...). Si elles ont accès comme tout un chacun à l’emploi, si personne ne s’oppose explicitement à leurs ambitions professionnelles, elles sont censées travailler comme des hommes... japonais, soit se dévouer corps et âme à l'entreprise, du meeting du matin à la virée en karaoké le soir. Par ailleurs le carcan social nippon est si serré qu’il les empêche d’évoluer professionnellement - voire psychologiquement. Les femmes demeurent censées assumer la (très) lourde tâche du foyer, qui consiste à s’occuper non seulement de l’éducation des enfants, longue comme un jour sans pain (réunion d’association de parents d’élèves, séminaire avec les professeurs, préparation du coffret-repas du midi, suivi des devoirs…), mais aussi de ses parents dans le grand-âge - voire de ses beaux-parents !

“Moi, travailler?"

Une structure sociale et mentale si prégnante que les femmes se l’imposent entre elles. “Ma patronne s’est mise en colère quand je lui ai raconté que j’étais tombée enceinte à un moment délicat pour l’entreprise”, raconte une employée de bureau japonaise. “Moi, travailler? Mais jamais ma belle-mère le tolérerait!” s’offusque une mère de famille du centre de Tokyo. Face à ces deux loyautés, l'ancienne envers le foyer et la nouvelle envers l'entreprise, la femme japonaise privilégie généralement la première. Elle n'occupe donc d'ordinaire qu'un emploi à temps partiel.

Le gouvernement est pris entre le souci de soutenir l'économie et celui de préserver le rôle "traditionnel" de la femme. Le projet de révision de la Constitution du Parti Libéral Démocrate, au pouvoir, propose ainsi de revenir sur l’égalité entre époux inscrite dans son article 24. Le même qui chante les Womenomics depuis huit ans. Résultat : les jeunes Japonaises choisissent de mener une vie de famille ou une carrière. Mais pas les deux.

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