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Royaume-Uni: Manchester reprend le contrôle de ses bus et tramways

Après des décennies de privatisation, les bus de Manchester redeviennent un service public. Une victoire difficile contre les opérateurs privés qui marque un tournant, et l’espoir d’améliorer une situation chaotique qui dure depuis les années 1980. 

De notre correspondante à Londres, Sidonie Gaucher

C’est une nouvelle qui donne de l’espoir dans le secteur des transports au Royaume-Uni, l’espoir de sortir d’un conflit économique qui dure depuis 40 ans. Cinq entreprises, financées par des investisseurs internationaux, se partagent l'exploitation des bus du Royaume-Uni, exception faite des bus rouges typiquement londoniens.

À Londres, un trajet en bus, c’est l’équivalent d’1,50 euro. À Manchester, presque 5 euros. 

Un héritage de la politique de Margaret Thatcher

Dans les années 1980, Margaret Thatcher privatise les transports publics avec une promesse : les bus vont être mieux et moins chers. En réalité, il se passe exactement l’inverse : 3 000 lignes de bus sont supprimées. Ceux qui restent sont bondés, en retard et hors de prix. En clair, « 40 ans de chaos », comme titre le Guardian qui met en avant cette nouvelle révolutionnaire : à Manchester, les bus redeviennent un service public.  

L’article du Guardian précise que « l'argent public représente 40% des recettes des compagnies de bus, mais le public n'a de contrôle ni sur les tarifs, ni les itinéraires, ni les horaires. Et 10% de cet argent public est reversé en dividendes aux actionnaires au lieu d'être réinvesti ».

Selon un sondage, presque 60% des Britanniques seraient prêts à lâcher leur voiture si les transports en commun étaient fiables. Andy Burnham, le maire de Manchester, n’est pas peu fier. Il a tenu bon, avec l’appui d’activistes, face à l'immense pression des opérateurs de bus privés et obtenu gain de cause face aux tribunaux. 

Un exemple pour le reste du Royaume-Uni

Cette victoire très médiatisée fait des émules. Et d'autres grandes villes sont maintenant susceptibles de lui emboîter le pas comme Liverpool, Birmingham ou Cambridge. Manchester est la première ville de cette envergure à retrouver le contrôle de ses bus. Dans des villes plus petites, telles que Bath ou Cardiff, les bus municipaux ne possèdent que quelques lignes. 

Mais pour Vernon Everitt, le commissaire aux transports de Manchester, « la procédure devrait être beaucoup plus simple, avec le support des autorités locales ». C'est une bataille vraiment difficile, et à Manchester, rien n’aurait été possible sans le soutien des associations pour faire pression, telles que Better Buses ou We Own It, une organisation qui se bat pour le retour d’un service public dans le secteur de la santé, les transports, l’énergie ou encore l’eau. 

En 2021, un rapporteur spécial des Nations unies affirmait que le Royaume-Uni donne « un cours magistral sur la manière de ne pas gérer un service public essentiel ». Mais le vent est peut-être en train de tourner.