Le tribunal de l'entreprise de Bruxelles a approuvé mercredi le transfert judiciaire de certaines activités de Getronics Belux, la filiale belgo-luxembourgeoise du groupe spécialisé dans le conseil en informatique, a-t-on appris du syndicat CNE.

La société informatique européenne Cegeka reprend une partie des contrats de Getronics Belux, basée à Diegem.

“Nous avons fait une offre sur une partie du portefeuille clients de Getronics Belgium. Cela nous a été attribué après un accord judiciaire”, a indiqué Stijn Bijnens, le CEO de Cegeka. “Il s’agit de dix contrats dont les activités informatiques sont étroitement liées au portefeuille de Cegeka. Cela concerne plus précisément la gestion de l’infrastructure informatique et des lieux de travail numériques. Grâce à cette acquisition, la continuité des activités est garantie pour les clients concernés”, a-t-il précisé.

Une trentaine d'employés de Getronics Belgium seront transférés au sein de Cegeka.

Cegeka a fait savoir qu'elle ne divulguera aucune information financière sur le portefeuille clients qu’elle reprend de Getronics Belgium.

Quelque 80 collaborateurs belges et luxembourgeois de Getronics vont être transférés au sein de Connectics CMC, une filiale belge du groupe Getronics et de GSH (l'actionnaire principal), tandis que les 220 employés restants sont victimes de la faillite désormais prononcée de Getronics Belux.

"Le groupe Getronics, qui encaisse des rentrées financières depuis des années grâce aux efforts de ses salariés, fuit sa responsabilité sociale en poussant l'entité belge vers une faillite nébuleuse, tout en reprenant simultanément comme des vautours, via sa nouvelle société, tous les contrats intéressants et le personnel associé grâce au transfert judiciaire", écrit le syndicat chrétien dans un communiqué. "Les salariés non repris qui, dans de nombreux cas, ont donné le meilleur d'eux-mêmes durant ces 30 ou 40 dernières années et enrichi les actionnaires, se trouvent maintenant contraints, par cette construction, de se tourner vers le Fonds de fermeture des entreprises (pour percevoir des indemnités de faillite, plafonnées à 25.000 euros bruts, NdlR) financé par tous. Un exemple de la violence du capitalisme sans aucune boussole morale qui illustre le principe de la privatisation des bénéfices et de la collectivisation des dettes", ajoute la CNE.

Demande de révision "urgente" de la loi sur la faillite

Le syndicat chrétien lance un appel au monde politique. "Après d'autres dossiers médiatiques douteux tels que Mega World (ex-Blokker) et FNG (Brantano), c'est encore un nouveau désastre social qui montre clairement que la législation belge est largement insuffisante. Combien de temps encore, laissera-t-on les multinationales faire de bons profits pendant de nombreuses années, transmettre leurs bénéfices aux actionnaires et s’organiser à un moment donné pour fuir leur responsabilité sociale en laissant leurs employés sur le carreau et en faisant subir à la collectivité les conséquences de leur mauvaise gestion ? Nous demandons aux politiques de réviser en urgence le cadre législatif entourant la loi sur la faillite."
Getronics Belux, au bord de la faillite, avait obtenu fin septembre du tribunal de l'entreprise de Bruxelles une procédure en réorganisation judiciaire. La direction de la filiale belgo-luxembourgeoise de Getronics avait annoncé à la mi-août son intention de supprimer 126 emplois sur 336, sans plan social négocié, afin d'éviter la cessation de payement. Les syndicats avaient dénoncé un "chantage" et certains travailleurs avaient eux-mêmes démarché des repreneurs potentiels pour tenter de sauver leur entreprise.