Un conseil d'entreprise extraordinaire organisé jeudi, réunissant la direction et les syndicats de Makro, a à peine permis de faire redescendre la tension sociale d'un cran, puisque les représentants du personnel, qui brandissaient la menace d'une grève dans les six magasins de Belgique, ont décidé de suspendre leurs actions "afin de veiller à ce que (les négociations) se déroulent de façon constructive", ont-ils annoncé vendredi.

Au cœur du problème, un plan de transformation et d'économies que la direction veut mettre en œuvre. Il devrait changer la nature de l'organisation du travail et induire le non-renouvellement de 100 à 200 contrats à durée déterminée dès 2021. Les syndicats reprochent à la direction un passage en force de ces mesures, sans négociations, ce que réfute la direction. "On attribue (à la direction) le fait qu'elle veut imposer unilatéralement des projets qui doivent d'abord être négociés. C'est pertinemment incorrect. La direction a toujours dit qu'elle respecterait toutes les conventions collectives de travail avant l'introduction des mesures et qu’elle reste ouverte à un dialogue social constructif, qui est primordial pour continuer à construire l'avenir de Makro", écrit-elle dans un communiqué.

La réunion de jeudi s'est soldée par un échec, conviennent les deux parties. "Après de longues discussions, des propositions positives ont été mises sur la table par la direction. Celles-ci ont été rejetées en dernière instance et sans raisons précises. La direction craint que certains représentants du personnel préfèrent rechercher la confrontation au dialogue, ce qui n'est pas du tout dans l'intérêt du personnel de Makro", affirme la direction de Makro.

Du côté des syndicats, le son de cloche est tout autre. "Le management a opté pour une déclaration unilatérale ne répondant absolument pas à nos attentes. Chez Makro, les syndicats ont, pendant les dix années de difficultés, négocié loyalement à propos de la protection et des conditions de travail des collaborateurs. C’est leur ADN. Makro Belgique ne peut rester une entreprise subsidiée par le groupe et doit être en mesure de regagner ses bénéfices. Un plan de réduction des coûts après deux restructurations, voilà le message aux actionnaires. Mais pas uniquement sur le dos des collaborateurs et en tout cas pas aussi facilement. Et c’est contre cela que les syndicats et les collaborateurs s'insurgent", souligne le front commun dans un communiqué.

Les organisations syndicales indiquent que, lors du conseil d'entreprise extraordinaire de jeudi, elles ont "exigé qu'un calendrier de négociations soit établi au plus vite pour accompagner les processus en cours, prévoir un encadrement de la polyvalence (qui sera demandée aux travailleurs), discuter de modifications structurelles et revenir à un dialogue social respectueux".

Et donc, dans l'intervalle, il ne devrait pas y avoir d'arrêts de travail dans les magasins Makro.