Canada

4000 cancers non diagnostiqués

Plus de 4000 Québécois ayant un cancer n’auraient pas été diagnostiqués au printemps, lors de la première vague de la pandémie de COVID-19, révèle une nouvelle étude du gouvernement.

Dans un rapport publié cette semaine par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), la province chiffre concrètement pour la première fois le trou béant qu’a entraîné la crise sanitaire en matière de dépistage et de traitement du cancer. De mars à juin 2020, le réseau de la santé a encaissé une baisse de 16 % des chirurgies oncologiques, en raison du délestage, ce qui représente un peu plus de 1500 chirurgies de moins contre un cancer. 

Juste pour le mois d’avril, le nombre d’opérations a chuté de 32 %, et environ 36 % moins de cancers ont été diagnostiqués, en se fiant à la baisse des rapports de pathologie, souvent rédigés à la découverte d’une tumeur.

La première vague a aussi fait exploser l’attente chez de nombreuses personnes souffrant d’un cancer, puisqu’en avril et en mai, les délais de plus de 56 jours ont représenté le quart des chirurgies en attente. L’objectif provincial est de 28 jours. 

Pire à venir ?

 « Malheureusement, les chiffres risquent d’être pires dans la deuxième vague [...] l’oncologie n’est pas aussi protégée qu’elle l’était [au printemps] », s’inquiète le directeur général de la Fondation québécoise du cancer, Marco Décelles.

Si le dépistage a fortement écopé au printemps, cet hiver, c’est la moitié des interventions chirurgicales que Québec a été forcé d’annuler.

« On n’avait pas rattrapé ce retard-là au mois d’octobre », renchérit le Dr Martin A. Champagne, président de l’Association des médecins hématologues et oncologues du Québec. 

« On vit sur notre carte de crédit présentement, les dettes s’accumulent et ça va nous coûter cher comme société », craint-il, tant sur le plan humain que financier. Un cancer diagnostiqué plus tard devient aussi un lourd fardeau à guérir.

Cas sous-estimés

« On sous-estime le nombre de chirurgies à reprendre », ajoute quant à elle la Dre Mélanie Bélanger, à la tête de l’Association des gastro-entérologues du Québec.

Elle craint les répercussions du retard dans le dépistage, notamment pour le cancer colorectal. Elle indique que lorsqu’une coloscopie détermine la présence de polypes dans le côlon, ceux-ci sont faciles à retirer. Mais plus ça traîne, plus les risques que ces lésions se transforment en cancer augmentent.

« Ces patients-là n’ont pas de voix, parce qu’ils n’ont pas de symptômes et ils ne savent pas qu’ils ont besoin d’une chirurgie », poursuit la médecin.

« Il y a tout lieu de s’inquiéter », conclut le Dr Martin A. Champagne, redoutant une hausse de la mortalité due aux cancers dans les années à venir.

La peur de consulter et de se rendre dans les établissements de santé peut aussi retarder les diagnostics. 

L’ampleur du retard 

4119 personnes ayant un cancer n’ont pas été diagnostiquées au Québec de mars à juillet.

1539 chirurgies oncologiques de moins d’avril à juin 2020, comparativement à la même période l’an dernier. Les chirurgies réalisées en plus de 56 jours sont passées de 7 % en mai 2019 à 17 % en mai 2020.

Les traitements de radiothérapie ont diminué de 9 % d’avril à juin 2020, comparativement à la même période l’an dernier.

Le test de dépistage le plus courant contre le cancer de la prostate a connu une baisse de 58 % au printemps 2020 par rapport à 2019.

Cancer du poumon

Principale cause de mortalité par cancer chez les hommes et les femmes, la baisse du dépistage et des chirurgies pour le cancer du poumon est préoccupante.

Les examens d’imagerie médicale qui permettent de détecter ce cancer ont diminué de 21 % le printemps dernier.

Le nombre de chirurgies a baissé de 18 % d’avril à juin 2020. Pour le mois d’avril seulement, la diminution était cependant de 42 %.

L’an dernier, le nombre de malades ayant dû attendre plus de 56 jours pour une chirurgie était minime. Au printemps, une chirurgie en attente sur cinq dépassait ce délai. 

Cancer colorectal

Le ralentissement des activités en cancérologie a fortement affecté le dépistage du cancer colorectal, l’un des plus répandus tant chez les hommes que les femmes.

Au plus fort de la crise sanitaire au printemps, le nombre d’analyses de sang dans les selles pour déceler de façon précoce ce cancer a chuté de 74 %, passant de plus de 175 000 tests en 2019 à moins de 45 000 d’avril à juin.

Il s’est aussi fait trois fois moins de coloscopies pendant la même période, soit environ 22 000 au lieu des 66 000 réalisées l’année précédente. Au même moment, les requêtes dites « hors délais » ont doublé.

Les chirurgies contre le cancer colorectal ont aussi diminué de 30 %.

 « La pandémie semble avoir eu un effet marqué sur la trajectoire de soins et de services du cancer colorectal, particulièrement sur le dépistage de ce cancer et de son investigation », peut-on lire dans le rapport publié par le MSSS. 

Cancer du sein

Les activités de dépistage pour les femmes à risque d’un cancer du sein ont carrément été arrêtées lors du confinement.

Elles n’ont redémarré qu’en juin, mais en augmentation par rapport à l’an dernier.

L’arrêt des activités de dépistage entraînera probablement un nombre important de chirurgies à la reprise des activités et, donc, des répercussions sur l’accès si un plus grand volume de cas est détecté sur une courte période », souligne le rapport provincial.

Néanmoins, il s’est fait environ 18 % moins de chirurgies le printemps dernier, soit environ 400 de moins par rapport au printemps 2019.

 Le compte rendu note une baisse des chirurgies en attente, fort probablement liée à l’arrêt du dépistage.

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