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Achèteriez-vous la marque PLQ?

Un parti politique n’est pas une entreprise commerciale, mais il y a de grosses ressemblances.

Une entreprise vend une marchandise et vise le profit. Un parti vend des idées et vise le pouvoir.

Pour avoir du succès, les deux ont besoin d’une image forte, de répondre à une demande existante, et d’avoir un avantage concurrentiel sur leurs rivaux.

Options

Le PLQ veut rebondir. À la lumière des conditions évoquées plus haut, examinons ses options stratégiques et ses choix récents.

Si le PLQ devient un parti de la gauche woke, il sera une copie fade et peu crédible de QS, un repaire de vrais gauchistes, et déboussolera sa clientèle traditionnelle.

Si le PLQ devient un parti nationaliste défendant vraiment le Québec, il se mettra à dos les anglophones et les allophones, ses actionnaires les plus enthousiastes.

Si le PLQ se pose en champion de la gestion prudente de l’économie, comme il l’a longtemps fait, il trouvera une CAQ déjà installée sur ce créneau et qui en a aspiré tout l’oxygène.

Si le PLQ enfourche de nouveau son vieux cheval de rempart contre la « menace séparatiste », euh, un instant, quelle menace ? Où ça ?

Alors, il reste quoi ?

Le PLQ s’est dit : hmm, rendu là, si on essayait l’environnement ?

Après tout, il ne reste que cela, et le thème est jugé important par beaucoup.

Et hop, voilà donc que le PLQ, sans grand enthousiasme il est vrai, veut nous faire croire, depuis son dernier congrès de fin de semaine, qu’il a pris le grand virage vert et qu’il est le seul parti de l’environnement qui puisse aussi gouverner.

Petit problème cependant.

Croire que l’environnement est un thème électoralement rentable est une des plus grandes fictions du débat public. C’est faux, tout simplement.

Bien sûr, personne ne nie l’importance objective de l’enjeu. Mais c’est une illusion de croire qu’il rapporte beaucoup de votes.

Les sondages montrent certes que les Québécois disent y accorder de l’importance. Mais minute, papillon !

D’une part, les Québécois savent la réponse politiquement correcte et socialement acceptable à donner quand on les questionne.

D’autre part, ils sont favorables aux politiques environnementales... tant que cela ne perturbe pas leurs confortables habitudes de vie.

Proposez une taxe sérieuse sur l’essence ou sur l’achat des VUS, dont les ventes explosent, et vous m’en reparlerez de l’environnementalisme résolu d’une majorité d’électeurs.

Pistes cyclables, jolis parcs, trois bacs différents, échéanciers fixés pour 2050, c’est le maximum qu’ils accepteront d’un parti politique. Parlez-en au Parti vert.

Très peu d’électeurs font de l’environnement leur premier critère de choix dans l’isoloir.

Mal placé

Pour parler le langage de l’entreprise, le PLQ se retrouve donc avec une image floue, répond à une demande faible, et a pour seul avantage concurrentiel les électeurs issus de l’immigration.

Il est comme l’individu qui entre dans une salle et voit que les meilleures places sont prises.

Dominique Anglade doit son poste au fait que personne d’autre n’en veut.