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Baisse du français au Canada : le problème n’est pas l’immigration

Plusieurs tribunes libres récentes publiées dans divers journaux tentent d’expliquer le phénomène sociolinguistique d'une baisse du français au Canada, notamment parce que notre francophonie produit moins d’enfants qu’avant et qu’on manque considérable d'afflux d’immigrants par rapport aux autres provinces. Or, le principal problème, encore à ce jour, est la perte d’intérêt pour notre bilinguisme national, le manque de services bilingues dès qu’on sort du Québec, et ce mépris francophobe qui persiste au pays. L’an passé, le démographe Marc Termote affirmait que le manque de mobilité linguistique du français au pays était la principale cause d’une réduction notable de son usage courant. Ainsi, peu importe le nombre d’immigrants que nous choisissons d’accueillir ici ou dans toute autre province, on ne peut garantir qu’ils ne favorisent ou ne priorisent pas l’usage de l’anglais (qui se veut mondialement plus universalisante et plus efficiente en affaires) plutôt que le français. À quoi ça sert d’apprendre la langue de Molière, en 2021, au Canada, si ce n’est que par pure préservation, sans plus de possibilités professionnelles avantageuses hors-Québec?  

Le cœur n’y est plus Ce n’est pas seulement une série de politiques déficientes du fédéral ou la gestion des provinces sur l’équilibre linguistique qui faillissent dans notre pays: notre cœur ne semble plus là non plus. Le président et co-fondateur du Centre d’études et de réflexion sur le monde francophone, Ilyès Zouari, constate aussi un désintérêt probant de notre langue en France. Ne pas être en mesure de maintenir nos acquis linguistiques tuent notre culture francophile. Si nous souhaitons véritablement produire des Canadiens ouverts, inclusifs, ou simplement des travailleurs plus flexibles, renouvelons donc cette valeur bi-linguistique en offrant davantage d’opportunités et de contextes pour s’exprimer dans les deux langues officielles au sein de notre confédération! 

À moins que l'on désire prochainement déchirer le contrat social ayant lié historiquement tout un ensemble de Canadiens, dans un esprit de mutualité, que nos actions futures puissent encore être témoins du minimum de respect à l'égard des droits constitutionnels. 

québec canada drapeau

Photo courtoisie

Loïc Brurat, Baccalauréat ès arts à l’Université de Sherbrooke