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Ce mandat va coûter cher et pour longtemps

La CAQ s’est fait élire en promettant une gestion rigoureuse de nos taxes, notamment avec une réduction de 5000 postes dans la fonction publique. On commence déjà à entrevoir que le bilan à la fin du mandat sera très différent.

Le portrait est plutôt le suivant : une forte augmentation du nombre d’employés de l’État, dont plusieurs auront obtenu des hausses de rémunération sans précédent. La rémuné-ration représente environ la moitié des dépenses de l’État, un poste de dépense où tout est cumulatif. 

Ce mandat va coûter cher et pour longtemps. Contrairement à la promesse, le nombre de fonctionnaires a augmenté significativement. Selon les données du Trésor publiées par Le Journal, le nombre de fonctionnaires a grimpé de 12 % en quatre ans. Presque 6000 postes à temps plein de plus.

Hausses de salaire

Le phénomène des hausses de rémunération mérite aussi qu’on s’y attarde. Le cadre général de règlement pour l’ensemble du secteur public est raisonnable, aux environs du 2 % annuel. Mais le grand nombre d’ententes particulières change la donne.

L’entente avec les infirmières comprenait notamment des montants forfaitaires spéciaux, la création de milliers de nouveaux postes et une prime spéciale de 3,5 %. Quelques semaines après l’entente, le gouvernement a dû rajouter un autre milliard en primes d’assiduité pour essayer de combler le manque de personnel.

Les enseignants ont connu des hausses salariales allant jusqu’à 14 %. Le premier échelon pour les nouveaux enseignants passe de 46 000 $ à 53 000 $, ce qui était aussi une promesse. Nos enseignants ont rattrapé la moyenne canadienne alors que le niveau général des salaires au Québec est bien plus bas.

Dans l’urgence de sauver les CHSLD en manque de personnel, les salaires des préposés aux bénéficiaires ont été relevés à 26 $ l’heure. Une telle augmentation est complètement en dehors des paramètres habituels. 

Grève générale

Et maintenant, que dire des éducatrices en service de garde à qui on propose une hausse de 23 %... et qui sont dans une grève générale illimitée ? Par solidarité pour les employés de soutien dans leurs CPE.

Plusieurs facteurs justifient toutes ces hausses de salaire exceptionnelles.

Il y a pénurie de main-d’œuvre. Il faut donc attirer du personnel.

Plusieurs emplois à prédominance féminine offraient des salaires insuffisants. Un rattrapage devait se produire un jour.

Dans un secteur comme la santé, la pandémie a provoqué une crise particulière. Il fallait y répondre par des conditions améliorées.

Malgré toutes les bonnes justifications, la facture sera là quand même. À la fin du mandat de François Legault, la rémunération des employés de l’État coûtera plusieurs milliards de plus annuellement.

Tant mieux si l’on a pu régler des problèmes pour le long terme. Mais le gouvernement ne peut pas donner aux employés tout ce qu’ils demandent. C’est là que la grève dans les CPE n’est pas raisonnable.

Et lorsque l’opposition va sur les lignes de piquetage scander aux grévistes que ce gouvernement est grippe-sou avec les employés de l’État, ils piétinent la vérité et insultent les contribuables.