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Charles Lafortune : le roi du dimanche soir

Un saut dans le vide, la fin de «La Voix»? Plutôt une porte qui s’ouvre pour Charles Lafortune, qui restera le roi du dimanche soir avec sa nouvelle émission, «Bijoux de famille», à TVA, où humour «stand up» et confidences sont à l’honneur, dans une ambiance conviviale et chaleureuse, à l’image de son animateur. 

«J’aurais voulu être un artiste», clame le célèbre refrain. Charles Lafortune, lui, aurait-il voulu être un comique? Après tout, le gaillard de 51 ans a l’expérience de la scène, pour avoir animé des soirées Artis et des galas Juste pour rire, et contribué aux beaux jours de la Ligue nationale d’improvisation (LNI).

«Je ne prétends pas pantoute être un humoriste; je suis un animateur qui essaie! J’ai toujours adoré faire des numéros. Les artistes qui font du "stand up", ce sont des rock stars qui n’ont pas d’oreille!», illustre le principal intéressé en entrevue.

Oreille ou pas, Lafortune se mouillera chaque semaine en offrant un monologue drôle de son cru en ouverture de «Bijoux de famille». Dans l’heure suivante, trois personnalités, humoristes ou pas (Sam Breton, Marie-Soleil Dion et Stéphane Bellavance sont de la première, ce dimanche, et Dominic Paquet, Gino Chouinard, Dave Morissette, Geneviève Schmidt, Léane Labrèche-Dor, Christian Bégin, Neev et Marie-Chantal Perron, entre autres, passeront pendant la saison), se commettront aussi à tour de rôle dans une prestation de «stand up».

Du rire aux larmes

Entre les numéros, l’hôte et ses invités jasent des sujets abordés, lesquels tournent tous autour d’un grand thème : la famille.

«La famille, c’est large, précise Charles Lafortune. C’est nous, quand on était enfants, nos frères, nos sœurs, nos parents, nos grands-parents, la famille reconstituée, nos meilleurs amis à l’école, notre mère qui était prof en première année... C’est le passage à la garderie, les rites religieux, le rapport à l’argent, le fait de voir grandir nos enfants...»

C’est ainsi qu’à «Bijoux de famille», Marie-Chantal Perron, qui a elle-même endossé le rôle de belle-maman, se demandera si Walt Disney a déjà eu à en découdre avec une belle-mère acariâtre, ce type de personnage ayant toujours mauvaise presse dans ses contes («Blanche Neige», «Cendrillon», etc). Stéphane Bellavance aborde la dépendance aux jeux vidéo de ses deux garçons, tandis que Marie-Soleil Dion explique comment elle a délaissé son chat à la naissance de son fils. Léane Labrèche-Dor, elle, se produira en duo avec sa grand-maman, Michelle Labrèche-Larouche.

Charles Lafortune lui-même se dévoilera beaucoup à travers «Bijoux de famille», promet-il.

«Après avoir fait "Autiste, bientôt majeur", je n’ai plus vraiment de pudeur, observe-t-il, sourire en coin. Je dévoile plein de choses sur ma blonde, mon ex-blonde, ma belle-famille....»

«Dans "Bijoux de famille", il y a une idée de bienveillance et de proximité. En regardant ça, on va se dire : "C’est vrai, c’est comme ça chez nous aussi!" C’est un beau format québécois qui, je pense, pourrait bien s’exporter. C’est simple : du monde qui raconte des "jokes" sur la famille, et en discuter après, on peut faire ça dans n’importe quel pays. On rit, on pleure et on se confie.»

Charles Lafortune : le roi du dimanche soir

PHOTO MARIO BEAUREGARD, AGENCE QMI

Famille et pandémie

L’idée de «Bijoux de famille» était dans l’air chez TVA et Québecor Contenu avant la pandémie, mais l’équipe a dû travailler à adapter son concept pendant le confinement, lequel a alimenté son inspiration.

Les 12 épisodes ont été enregistrés cet été, sur la terrasse du bar Le Saint-Sulpice, rue Saint-Denis, à Montréal – où Charles Lafortune était «busboy» à l’époque de ses études en théâtre, début des années 1990 – devant un public de 75 spectateurs, respect des mesures sanitaires oblige, dans un décor typiquement «outdooring», très lumineux. Trois scripteurs (Pierre Fiola, Justine Philie et Julien Tapp) épaulent les artistes dans l’écriture de leurs textes de «stand up». Évidemment, les tables du public, drapées de nappes noires, sont distanciées selon les règles.

«Pendant qu’on développait le "show" et qu’on ne pouvait plus voir les membres de notre famille, on dirait que ça nous a fait réaliser que ça pouvait nous manquer, de ne pas pouvoir aller voir nos parents, de ne pas pouvoir les prendre dans nos bras», expose Charles Lafortune, qui compare l’esprit de «Bijoux de famille» à celui de «Dieu merci».

«Certains avaient plus de talent que d’autres, mais il y avait quelque chose de bon enfant, là-dedans.»

Deuil en douceur

Le deuil de «La Voix» se boucle donc en douceur pour Charles Lafortune, qui, outre «Bijoux de famille», cumule les projets comme producteur chez Pixcom («La faille», «Alertes», «Autiste maintenant majeur», «Anna et l’enfant-vieillard»,etc) et vient de mettre sur pied, avec sa conjointe, Sophie Prégent, une fondation pour venir en aide aux personnes autistes.

Bien sûr, «animer le plus gros "show" de variétés de la télévision» lui manquera, même s’il n’est pas exclu que le grand rendez-vous revienne à l’antenne éventuellement. À ce jour, «La Voix» et «La Voix junior» ont quand même meublé 10 ans du quotidien professionnel de Charles Lafortune. Le papa de Mathis a d’ailleurs constaté récemment que le temps file comme une fusée en tombant sur des photos de son fiston assis dans l’un des fauteuils de «La Voix», lorsqu’il n’avait que 10 ans. Le garçon en a aujourd’hui 18.

Et, toujours, le «grand frère» ou «parrain» autoproclamé des ex-candidats de «La Voix» s’émeut de voir des talents jadis passés sur son plateau cartonner aux palmarès radio ou étinceler au Festival de Jazz, comme Alexe Gaudreault ou Matt Holubowski. Encore récemment, rappelle-t-il, Charlotte Cardin (qui était de la première édition, en 2013) faisait tourner les têtes au défilé Chanel, à Paris.

«"La Voix" est une émission qui rassemblait toutes sortes de monde, de toutes sortes d’âges. C’est précieux. J’aurai participé à ça. Il faudrait que je regarde si "Les talents Catelli" et "Jeunesse d’aujourd’hui" ont duré plus longtemps... (rires)»

«Pour moi, ç’a vraiment été une très belle "ride" Je ne remercierai jamais assez ceux qui y ont participé.»

Nullement amer, lors du premier Direct de «La Voix», le 27 septembre dernier, Charles a proposé à Patrice Michaud, futur animateur de «Star Académie», d’aller prendre un café avec lui pour le conseiller face à la grande aventure qui l’attend.

«On n’est pas allés encore, indique Charles. Je vais indiquer à Patrice les écueils à éviter. Je pense que l’affaire la plus importante, c’est de ne pas avoir le syndrome de l’imposteur. Moi, à la base, je suis un comédien; je n’ai jamais étudié pour être un animateur. Je veux lui dire de ne pas s’excuser d’animer.»

Lui-même n’est mené que par un seul moteur : la passion. La télévision, l’homme aux 14 trophées Artis ne s’en lassera jamais. Et c’est ce qui le rend polyvalent.

«J’ai 51 ans et ça me fascine encore. C’est ça, la passion, je pense. J’aime la télé et j’aime en faire. J’aime la famille de la télé, être en groupe, arriver dans une place où les camions et la régie sont là, sortir les "kodaks" et rendre concret quelque chose qui était dans nos têtes et dont on avait jasé avec un café», dépeint Charles Lafortune.

Impliqué pour sa cause

En dehors de son terrain de jeu au petit écran, le cœur de Charles Lafortune est aussi occupé par la cause qui lui est chère, celle de l’autisme.

Leur grand garçon, atteint de ce trouble, ayant franchi l’âge de la majorité, Sophie Prégent et lui ont décidé de pousser plus loin leur implication sociale en créant la Fondation Autiste & majeur.

L’initiative financera des programmes favorisant l’intégration dans la société des jeunes adultes autistes de 21 ans et plus (via la poursuite de l’éducation, l’intégration au travail, le répit aux familles, etc). Au Québec, 1 enfant sur 68 est touché par un trouble du spectre de l’autisme.

«Les services ne sont pas les mêmes dans toutes les régions. Nous, on va regarder plein d’organismes, avec le ministère de la Santé et des Services sociaux, pour voir tout ce qui existe, et évaluer comment on peut intervenir là-dedans», détaille Charles au sujet de la mission de la Fondation, dont Mario Dumont et Marie-Claude Barrette sont membres du conseil d’administration.

«Moi, quand mon fils va à Moisson Montréal, on sent qu’il fait quelque chose qui lui plait. Nous, on trouverait ça plate et banal, mais pour lui, c’est valorisant. Il n’en parle pas, mais j’ai vu des vidéos où il a un grand sourire. Il fait des boîtes, des palettes, et pour lui, ça devient un jeu. C’est un endroit où il se sent utile.»

«Je ne crois pas beaucoup au destin, mais ce bout-là, j’y crois. Je me dis qu’on va faire de la limonade avec des citrons et se rassembler autour de ça», relève Charles Lafortune, content de pouvoir mettre sa notoriété au profit d’un tel engagement social.

«Bijoux de famille», dès dimanche, à 20 h 30, à TVA. On peut faire un don à la Fondation Autiste & majeur en visitant le site web www.fondationautisteetmajeur.com.

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