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Chirurgie plastique, pas juste pour l'esthétique

Quand une maladie ou un accident atteint l’intégrité du corps, impactant son apparence et attirant les regards inquisiteurs, la chirurgie plastique peut être un baume pour les patients. On ne parle pas d’esthétique, mais bien de chirurgie réparatrice qui va gommer les stigmates et permettre aux patients de retrouver un semblant de normalité. 

Pierre-Alexandre Bazinet a eu recours à la chirurgie plastique réparatrice après son énorme perte de poids. Le Repentignois de 32 ans pesait 504 livres lorsqu’il a décidé de subir une chirurgie bariatrique, notamment pour des raisons de santé. «Je fais six pieds de grandeur et je suis descendu à 154 livres, a-t-il expliqué en entrevue. J’étais devenu extrêmement maigre et j’ai dû reprendre du poids. Je me maintiens maintenant entre 175 et 185 livres, ce qui est une normalité.» Cependant, sa peau n’a pas gardé son élasticité, en raison de son surplus de poids trop important. «Quand on voit la peau de son corps pendante, on se regarde dans le miroir et on n’aime pas réellement son corps. Faire du sport, aller à la piscine, se dévêtir devant une nouvelle fille, il y a toujours une gêne parce que le regard des autres est perçu comme un jugement.»

Un pas vers le mieux

Comme on a pu le voir dans la série documentaire «Chirurgie plastique: reconstruire la vie», sur la chaîne MOI ET CIE, Pierre-Alexandre Bazinet a subi une chirurgie de réajustement du thorax et du ventre, effectuée par le Dr Tremblay Champagne. Cette opération était comme un pas de plus vers le corps qu’il rêve d’avoir, mais le chemin est encore long. «Une fois que la chirurgie plastique est faite, ça laisse des cicatrices, mais ce n’est jamais aussi pire qu’avant. Il y a une adaptation à avoir avec son nouveau corps. Les gens nous perçoivent comme une personne standard, mais ce n’est pas le cas. La première fois qu’on montre son nouveau corps, il y a des cicatrices que je ne peux pas cacher. Au niveau du thorax, où il y a des pectoraux, avant, c’était des seins. Il y a donc des cicatrices apparentes. Il faut que je raconte mon histoire avant d’enlever mon tee-shirt, sinon ça va occasionner des questions, mais je sais qu’au fil des années, elles vont être de moins en moins visibles.»

Chirurgie plastique, pas juste pour l'esthétique

Photo Courtoisie, MOI ET CIE

Une démarche thérapeutique

La Dr Marie-Pascale Tremblay Champagne, spécialisée en chirurgie plastique, précise que les cas comme Pierre-Alexandre Bazinet sont assez courants. «Dans le cas d’une chirurgie bariatrique qui a permis de perdre énormément de poids, ce n’est pas inusité d’entendre des patients dire qu’ils sont presque plus mal dans leur peau en ayant perdu autant de poids et en ayant autant de tissus tombants. Ils ont un corps qui peut paraître complètement déformé.» C’est à ce moment-là que son intervention est importante, puisqu’elle va effectuer un «redrapage» du ventre, des bras ou des cuisses en enlevant le surplus de peau. «Quand ils sont approuvés par l’Assurance maladie, c’est comme une récompense pour tous les efforts qu’ils ont faits pour leur santé, et ça leur permet surtout de fonctionner à nouveau normalement. Imaginez la situation si vous avez de la peau qui pend jusqu’à vos genoux, c’est très difficile de tout faire, autant marcher que s’habiller ou aller aux toilettes.»

Pour Pierre-Alexandre, la situation s’est grandement améliorée, même si tout n’est pas encore parfait à ses yeux. «Je n’ai pas encore terminé toutes les chirurgies, il reste le dos, les bras et les cuisses, et quelques retouches au niveau du tronc. Mon désir est de participer à une compétition de fitness, dès que j’aurais terminé toutes les chirurgies. Actuellement, je dirais que je suis bien dans mon corps à 70 %. L’été, je porte encore des chandails à manches longues pour cacher le surplus de peau en dessous des bras, même devant ma conjointe. Il reste encore des efforts à faire.»

Une spécialité nécessaire

La chirurgie plastique, une spécialité très différente de la chirurgie esthétique, vient en aide à des patients avec des maladies et des problèmes de santé, qu’on pense à une reconstruction mammaire post-cancer ou la reconstruction d’un nez après un accident. «On doit gérer beaucoup d’émotion dans notre quotidien, confie la Dr Tremblay Champagne. Dans le cas d’une reconstruction d’un nez ou d’une main brulée à reconstruire, on va avoir beaucoup de questions, car ça atteint directement l’apparence des patients, l’estime de soi et la confiance. On a une pression sur nos épaules, car il y a beaucoup d’attente de la part des patients.» La consultation chez le chirurgien plastique ne se fait pas non plus dans le même contexte que la consultation en esthétique. «La plupart d’entre nous sont allés en chirurgie plastique par intérêt pour la chirurgie de reconstruction. Je fais pas mal de cancer du sein et je réserve énormément de temps à mes patientes. Je leur parle pendant 30 ou 45 minutes s’il le faut. C’est émotivement très difficile pour elles. La reconstruction mammaire que je vais leur faire, elles y vont à reculons, car ce n’est pas un choix, c’est la conséquence de la maladie. On a quand même la chance de pouvoir les aider à retrouver un sens de féminité, mais elles ne le vivent pas comme un cadeau.»