Canada

Comprendre le trumpisme

Plusieurs expliquent le trumpisme en paraphrasant Obélix : « Ils sont fous ces Américains ! » Ce n’est pas si simple.

Comme environ 85 % des Québécois désapprouvent Donald Trump, plusieurs trouvent difficile à comprendre le fait qu’il reçoive tant d’appuis.

Pourquoi plus de 40 % des Américains votent-ils pour ce menteur compulsif, cet incompétent notoire qui abuse de son pouvoir et qu’on accuse de multiples crimes et inconduites sexuelles, fiscales et autres ?

Certains commentateurs disent que ces Américains qui appuient Trump sont stupides ou, pire, malfaisants. Ce genre de raccourci n’aide pas la compréhension.

Des raisons « légitimes » 

Une bonne partie de l’électorat de Trump est constitué de loyaux républicains qui réprouvent ses travers personnels, mais approuvent ses choix politiques. 

Pour les idéologues conservateurs religieux et économiques, ces politiques et l’ancrage à droite des tribunaux fédéraux justifient pleinement d’appuyer un président qui n’est pas un modèle de vertu.

De la part d’entrepreneurs lésés par la lourdeur fiscale et réglementaire, l’appui à Trump est compréhensible. Il n’est pas non plus illégitime pour ceux qui ont bénéficié de la bonne tenue de l’économie de croire que Trump y était pour quelque chose.

On peut aussi comprendre que certains laissés pour compte de la mondialisation aient vu le nationalisme économique de Trump comme une planche de salut.

Des raisons « déplorables »

L’appui à Donald Trump dépasse toutefois cette base « raisonnable ». Une bonne partie de son succès politique vient de l’exploitation de divisions et de préjugés, qu’il s’agisse de racisme, de nativisme ou de misogynie. La frange d’extrémistes parmi ses partisans a aussi de quoi inquiéter. 

Faut-il pour autant vilipender tous ceux qui votent pour Trump et, par extension, tout le peuple américain ? Ça ne mène généralement nulle part d’expliquer les dérapages d’un système politique par la stupidité ou la mauvaise foi des gens ordinaires. Il faut plutôt aller voir du côté de l’instrumentalisation de ces attitudes, tant légitimes que déplorables, par des acteurs politiques, médiatiques, économiques et autres.

Des raisons « déterminantes »

Ceci dit, les deux blocs partisans sont assez équilibrés aux États-Unis et le résultat de l’élection dépendra d’électeurs dont le choix n’est pas prédéterminé par l’intérêt, l’idéologie ou les ornières partisans.

Ce qui fera pencher la balance sera entre autres le jugement des électeurs sur le bilan de ce président, entaché notamment par les abus de pouvoir et l’incompétence. Même quand l’économie allait assez bien, avant la pandémie, le recul républicain aux élections de mi-mandat et les sondages défavorables laissaient présager le rejet de Trump par l’électorat.

Sa réponse tragiquement inadéquate à la pandémie est venue confirmer ce jugement sévère des électeurs, et on l’identifiera sans doute comme une raison majeure pour la défaite de Trump, si la tendance se maintient. 

Cette défaite ne signifierait pas pour autant la disparition des fondements « déplorables » du trumpisme. Pour notre part, si on se contente de dire que le trumpisme s’explique par des formules simplistes comme « ils sont fous ces Américains », on risque de ne pas voir venir ce genre de mouvement s’il se pointe chez nous.

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