Canada

COVID-19: des renforts en santé qui sont délaissés

Des dizaines d’étudiants à la formation professionnelle en santé qui devaient graduer ce printemps se disent «délaissés» par Québec, qui a mis leur parcours sur la glace pour former en accéléré 10 000 nouveaux préposés aux bénéficiaires.

• À lire aussi: Formation accélérée: de futurs préposés abandonnent

Pendant que des milliers de futurs préposés aux bénéficiaires ont amorcé leur formation accélérée cette semaine, la diplomation pour les programmes de formation professionnelle en santé est mise en jachère pour bon nombre d’étudiants.

«Ils ont commencé une nouvelle cohorte de trois mois ; nous, on ne sait pas quand on recommence. Nous-mêmes, il nous restait 3 mois de cours et de stage, puis on était diplômés!», déplore Émilie Pineault, qui devait graduer du programme de préposé le 3 juillet au Centre de formation professionnelle (CFP) Harricana, à Amos, en Abitibi-Témiscamingue.

La mère de trois enfants, âgée de 31 ans, fait partie des quelque 30 finissants du Centre de formation professionnelle (CFP) Harricana, à Amos, en Abitibi-Témiscamingue, qui sont contraints à ronger leur frein depuis la suspension des cours, le 13 mars.

«C’est choquant. C’est juste ça que je veux, finir ma formation et aller travailler», déplore-t-elle.

À 30 jours de son diplôme

Dans le cas de Paola Poulin, 30 jours de stage la séparaient de son diplôme quand la crise a éclaté au Québec. Elle se considère chanceuse d’avoir terminé à temps, aidée par le CFP Fierbourg qui a reconnu son expérience de travail pour la faire graduer.

Paola Poulin

Photo Simon Clark

Paola Poulin

«[Le besoin de personnel] est urgent, mais laissez finir ces gens-là! Il leur reste quelques mois, ils ont les bases, des connaissances. Ils ont même payé pour suivre la formation», regrette la nouvelle préposée de 38 ans, ancienne éducatrice en CPE.

Sous-exploités

La plupart des étudiants au programme de préposé agissent présentement comme aide de service dès le début de leur formation, tandis que les aspirantes infirmières auxiliaires remplissent souvent le rôle d’un préposé.

Vicky Soucy appartient au deuxième groupe. L’étudiante de 27 ans avait bon espoir d’obtenir son diplôme comme prévu en mai, d’autant dans le contexte actuel.

Or, elle et 21 de ses camarades de classe ne savent toujours pas quand elles pourront mettre à profit leur formation, même s’il ne reste que deux semaines de stage à compléter et qu’elles œuvrent en soins longues durées depuis trois mois.

«On est tous déçus. On ne peut pas utiliser nos capacités, on ne peut pas aider notre cause. On est délaissés», insiste la Jonquiéroise, qui dit constater le besoin d’infirmière auxiliaire sur le terrain.

«Mis de côté»

Le PDG de la Fédération des préposés aux bénéficiaires du Québec (FPBQ), Michel Lemelin, estime aussi que ce traitement envers les futurs diplômés est «injuste».

«Ils ont été mis de côté, déplore-t-il. Je comprends que le premier ministre veut répondre à l’état d’urgence possible à l’automne, mais il ne faut pas [les] négliger.»

Des responsables de CFP compatissent avec les étudiants, disant se plier du mieux qu’ils le peuvent aux directives ministérielles. «Je peux comprendre que [...] c’est injuste pour eux. C’est un fait. Mais il fallait agir en tant que société et mettre en place quelque chose pour se préparer à une éventuelle deuxième vague», justifie Mélissa Laflamme, directrice du CFP Fierbourg, à Québec, qui a, contrairement à d’autres centres, relancé la formation à distance.

«Les élèves qui ont commencé [à l’automne], on a la possibilité de les diplômer. Mais s’ils sont rentrés en janvier ou en février, il reste encore un peu d’apprentissages à faire», précise Mme Laflamme.

La réalité est différente en région, relève Johanne Godbout, secrétaire générale et responsable des communications du CFP Harricana, à Val d’Or. «Nous, on a un centre en santé avec 10 enseignants, et ils ont été appelés à monter le programme pour la formation accélérée», affirme-t-elle.

En commission parlementaire, le 20 mai, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, s’était dit confiant d’offrir des solutions «dans les prochains jours, sinon les prochaines semaines» pour que la diplomation puisse procéder. Si la priorité reste le «soutien au réseau de la santé», le ministère soutient que la formation «devrait reprendre graduellement» à mesure que «la situation se résorbe dans les régions».

Vous avez vaincu la COVID-19? Le Journal est à la recherche de personnes guéries du coronavirus et qui aimeraient témoigner.

Écrivez-nous à scoop@quebecormedia.com

Football news:

Pogba cut a fist on his head, a symbol of the Black Lives Matter movement
Liverpool are ready to offer Tiago a 4-year contract with a salary of 8 million euros
Jose Mourinho: if Tottenham do not get into the top 6, it will not be the end of the world
Hazard will miss the match with athletic
Juventus are Interested in Jacko
Micah Richards: Arsenal need to keep the Forward. It can attract other top players
York on Keane's criticism of De Gea and Maguire: Roy himself was not perfect when he played. He should be more restrained