Canada

Derrière le vernis

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Dans les pays dits avancés, la pandémie mondiale du coronavirus n’a pas fini de faire craquer de partout nos « systèmes » qu’on nous disait pourtant blindés. Systèmes de santé, d’éducation, filet social – ils sont tous terrassés par les multiples dommages collatéraux de la COVID-19.

Résultat : les États sont forcés à des interventions et des dépenses de plus en plus massives. Arrêtons-nous pour le moment au filet social canadien, brutalement détricoté par le virus. Ce phénomène est un puissant révélateur de la grande précarité financière de nombreux Canadiens.

Derrière le vernis de nos belles « performances » économiques d’avant la COVID-19, près de la moitié des Canadiens n’était en effet qu’à 200 $ de l’insolvabilité. Les entreprises fermant presque toutes, de très nombreux Canadiens n’ont tout simplement pas les moyens de traverser la tempête.

Inefficace

Parce que notre filet social d’avant la COVID-19 est incapable de suffire à tous les protéger, Justin Trudeau doit et devra encore ajouter des dizaines de milliards de dollars en secours indirects et directs aux citoyens emportés par la crise.

Son annonce faite hier d’une prestation d’urgence de 2000 $/mois imposables, pour un maximum de quatre mois, vise aussi à aider entre autres les personnes n’ayant pas accès à l’assurance-emploi. Or, l’argent n’arrivera pas avant la mi-avril. Le 1er du mois approchant avec son lot de paiements à faire, c’est un très gros problème.

Repenser le tout

La question qui tue : notre classe politique aura-t-elle l’intelligence de repenser notre filet social une fois la crise passée ? Feu Michel Chartrand, ce grand humaniste et syndicaliste, proposait la création simple d’un « revenu de citoyenneté » pour tous. Ce revenu minimum garanti tournerait autour de 20 000 $/année. Les mieux nantis le rembourseraient à même leurs impôts.

En 2015, notre collègue Michel Girard y voyait avec raison « la solution efficace pour lutter contre la pauvreté ». S’il existait déjà, un revenu garanti de citoyenneté aurait également pu protéger de nombreux Canadiens du gouffre financier créé par la crise actuelle. Justin Trudeau le sait-il ?