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Drame dans les CHSLD: «On ne fait même pas ça à un animal»

«Fiasco», «hécatombe», «honte nationale». La situation dans les CHSLD et les résidences privées pour aînés lors de la première vague de la pandémie de COVID-19 a marqué le Québec à jamais.

Au total, ce sont plus de 6000 Québécois qui sont décédés des suites du coronavirus dans ces établissements depuis près d’un an.

Des CHSLD et RPA désorganisés et à bout de souffle ont laissé des aînés mourir seuls et sans soins de confort pendant cette période. Des proches de ces victimes ont accepté de témoigner.

«Ma mère est décédée de déshydratation» 

Hilda Zlataroff avait 102 ans quand elle est décédée seule des suites de la COVID-19 fin avril 2020, quelques semaines après interdiction des visites des proches.

«Ma mère est décédée de déshydratation. Quand on nous a dit qu’on ne pouvait pas y aller, elle n’a plus eu le soutien que la famille lui procurait aux repas», a raconté sa fille, Nicole Jaouich.

«Le personnel sur place ne pouvait pas suffire à la tâche. Ma mère a été négligée au niveau des repas.»

Inquiète, sa fille avait fait installer une caméra dans la chambre de sa mère pour l’encourager à se nourrir et boire à distance.

«Maman avait besoin de stimulation et de présence pour manger. Ça, le personnel n’avait pas le temps. Je ne blâme personne, mais je trouve que les ratios ne sont pas adéquats (...) Eux se disaient que maman pouvait manger par elle-même, mais elle ne mangeait pas», a-t-elle expliqué.

«J’ai vu, à travers la caméra, qu’on lui apportait le cabaret devant elle. Et on revient une demi-heure plus tard en lui disant: «oh vous n’avez pas faim, vous n’avez rien mangé». Et on reprend le plateau tel quel... Combien de fois cela s’est passé?»

«On l’a laissé tomber» 

Quand son père est décédé des suites de la COVID-19, Rui Costa s’est rendu compte du manque d’équipements dans les résidences pour aînés de la province.

L’homme a confié le chaos et la confusion qui régnait dans l’établissement quand il s’est présenté avec sa famille pour faire ses adieux à son père, Guilherme Costa Bilhete, 92 ans.

«Les gens qui étaient là, les infirmières, etc. je ne voyais personne qui était protégé plus que la normale. Juste avec un masque.»

Dans l’impossibilité d’avoir un équipement pour approcher son père, Rui Costa est reparti, sans lui faire ses adieux.

«Mon père était fort. C’était un monsieur qui n’était pas prêt à partir, mais malheureusement, on l’a laissé tomber (...) Il a été laissé à lui-même. On ne fait même pas ça à un animal (...) Mon père ne méritait pas ça.»

Ce manque d’équipements, le gériatre David Lussier l’a vécu en première ligne.

«C’est un souci qui était presque constant, l’équipement de protection. Malheureusement, ça a fait que beaucoup de travailleurs de la santé ont été infectés», a-t-il fait savoir. 

«C’est aussi ça qui a obligé les CHSLD à interdire les visites des proches et familles. On ne pouvait pas enlever un équipement de protection qui était si rare à un travailleur de la santé.»

«Le pire jour à la résidence Herron, c’était le 29 mars» 

Peter Wheeland a perdu ses deux parents, Kenneth et Connie Wheeland, lors de la première vague de la COVID-19 au Québec. Les deux vivaient à la résidence Herron, située à Dorval, où des dizaines d’aînés sont décédés dans des conditions difficiles.

«Le pire jour à la résidence Herron, c’était le 29 mars. Ma mère était toute seule dans sa chambre. Il n’y avait personne pour lui amener son déjeuner. Elle n’était pas capable de sortir de son lit, elle a été laissée dans sa couche souillée toute la journée», a indiqué l’homme en entrevue.

«Elle n’a pas reçu son lunch non plus, c’est son voisin d’en face qui lui a amené. Une préposée aux bénéficiaires est passée en après-midi pour lui s’excuser et lui dire qu’il n’y avait que deux employés pour tout l’étage. Ça a l’air qu’il y en avait juste deux pour toute la bâtisse. Son cathéter et sac d’urine étaient éclaté sur le plancher. Ce n’est que le lendemain que quelqu’un est passé pour faire le nettoyage dans sa chambre.»

Il a raconté également comment son père avait fait des aller-retour entre l’hôpital et la résidence où son état n’a fait que se détériorer.

«Il avait des plaies de lit qui touchaient l’os», a-t-il dit.

M. Wheeland espère maintenant que l’enquête du coroner, qui a été repoussée que quelques semaines, aura lieu pour le bien des familles éprouvées.

«Si pas de procès tout de suite (...) ça peut prendre des années avant que le coroner soit capable de faire l’enquête. C’est ridicule! La mémoire des gens n’est déjà pas très fraiche maintenant (...) On cherche juste la vérité. Elle n’est peut-être pas bonne pour les propriétaires, mais pour les familles, c’est essentiel.»

Voyez le reste de notre émission spéciale dans la vidéo ci-dessus.

En chiffres 

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