Canada

Être plus humble et plus clair

Pour le gouvernement caquiste, communiquer ce qui est imprévisible, incertain ou qui évolue continuellement, ce n’est pas facile. L’opération est complexe et on le comprend, mais les dérapages des derniers jours démontrent qu’il est temps qu’il se ressaisisse. 

Depuis le début de la pandémie, la CAQ fait son possible pour protéger la santé des Québécoises et des Québécois. Elle fait face à une forte pression et comme des spécialistes de la gestion de crise le notent souvent, ce contexte peut miner le jugement et la perception des événements.

Donneurs de leçon

Questionnée sur le soutien accordé par le gouvernement aux PME, la ministre déléguée au Développement économique régional, Marie-Eve Proulx, a carrément inventé que le député libéral de Nelligan, Monsef Derraji, aurait recommandé aux Québécois, lors d’une entrevue radio, de ne pas respecter les consignes sanitaires.

J’ai écouté l’entrevue et n’ai jamais entendu les propos rapportés par la ministre Proulx. Outre le fait que son affirmation est fausse, je ne vois pas comment la ministre a pu percevoir que son adversaire politique, candidat au doctorat en santé publique, spécialisé en organisation des soins, aurait pu encourager la population à défier les règles sanitaires. 

Cet épisode nous démontre à quel point il est difficile pour les parlementaires de questionner le gouvernement sur les enjeux qui préoccupent la population et comparer les agissements du Québec à ceux de ses voisins. Les vieux réflexes partisans reviennent dans la bouche de certains ministres qui tentent de réduire la crédibilité de leurs adversaires par une remise en question de leur engagement à notre lutte commune contre la COVID-19.

Cette attitude est contraire à l’humilité exigée par le premier ministre lui-même lors de son arrivée aux commandes de l’État, il y a plus de deux ans. 

L’exécution des lignes de presse

Au début de la crise, il était possible pour le gouvernement d’ajuster le tir au fur et à mesure. C’était même une suggestion de l’OMS. 

Maintenant, plus de huit mois après le début de la pandémie, on ne peut se permettre un manque de clarté quand on a le loisir de choisir le moment d’une annonce.

La semaine dernière, le gouvernement nous a dit que nous aurions quatre jours durant lesquels nous pourrions voir nos proches pendant la période des Fêtes. Moins d’une semaine plus tard, on nous indique que ce moment sera réduit de moitié.

De tels changements, sans faits nouveaux qui l’expliquent, créent de la confusion et minent la confiance du public.

Je crois que la clarté du message et la cohérence, c’est le travail du politique et pas de la fonction publique.

On ne s’attend pas à ce que notre gouvernement élu ait toutes les réponses à nos questions, mais s’il choisit le moment d’une annonce et monopolise les ondes pour le faire, c’est sa responsabilité d’être clair sur les processus et l’exécution, et pas juste sur le contenant. 

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