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Français au Québec : un autre point de vue

Contrairement à la plupart des chroniqueurs et journalistes et à la plupart des contributeurs au courrier du lecteur, je ne fais pas partie de l’intelligentsia québécoise et encore moins de la communauté universitaire. Je tente, à 32 ans, de compléter un baccalauréat à l’UQAM. Cependant, je profite de l’occasion que m'offre le courrier du lecteur pour m’exprimer.  

Le débat linguistique, à mon avis, tourne essentiellement autour de la géopolitique, mais aussi de l’économie. Les anglophiles disent continuellement que la langue des affaires est l’anglais, et donc que la connaissance de cette langue représente une obligation. Cependant, ce discours est pernicieux, car il retire l’aspect culturel d’une langue. 

La vérité est qu’une langue regroupe une littérature, un ensemble d'arts, une façon de vivre, etc. Si l'on enlève ça, alors, oui, une langue n’est qu’un outil de communication, et donc aussi bien adopter l’anglais partout sur Terre. Évidemment, ce n’est pas ce que nous voulons. À une époque où la diversité est célébrée, pourquoi la protection des langues ne fait-elle pas partie de cette célébration ?  

Débat linguistique

Le débat linguistique ne se réduit pas à «l’opposition» entre l'anglais et le français; il concerne l’anglais et toutes les autres langues du monde. Nous portons tous le blâme de l’imposition de l’anglais comme langue unique, et ce, peu importe nos origines. Anglophones, francophones, germanophones, etc. Vous ne comprenez pas mon propos? Eh bien, voici deux exemples vous expliquant la situation dangereuse dans laquelle nous nous trouvons.  

En 2019, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, a tenté de mettre en place une procédure décisionnelle uniquement en anglais. Cela prenait place au moment où le Royaume-Uni avait initié le Brexit. 

Autre exemple: le refus catégorique des États-Unis, en 2005, de ratifier la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles de l’UNESCO. Vous le voyez, la préservation du français dépasse largement le Canada. 

Certains cyniques diront qu’il y a une certaine justice, puisque le français, autrefois langue du colonisateur, s’est imposé aux autres d’une façon similaire, c’est-à-dire par l’assimilation culturelle. Eh bien, moi, je leur dis que la langue n’est pas responsable; ce sont ceux qui la manipulent afin d’atteindre leurs fins qui portent le blâme. 

Doit-on arrêter d’apprendre l’allemand à cause de l’Holocauste ? Doit-on arrêter d’apprendre le mandarin ou l’hébreu parce que nous serions en désaccord avec la politique chinoise et israélienne vis-à-vis des minorités ouïghoure et arabe ? Bien sûr que non. La langue n’est pas fautive du comportement de certains de ses locuteurs. Doit-on protéger les langues autochtones ? Bien sûr ! Le français doit-il connaître le même sort ? Non, car nos erreurs passées devraient constituer un avertissement à nos comportements futurs vis-à-vis des langues.

Une responsabilité individuelle

On souligne beaucoup, au quotidien, nos échecs et erreurs au Québec et au Canada. Cela me fait réfléchir au cynisme de notre société, qui s’attaque, parfois, avec une grande férocité au gouvernement de la CAQ, au premier ministre Legault, au premier ministre Trudeau, à la loi 101, à l’Office de la langue française, etc. Cependant, je trouve qu’on mentionne très peu la responsabilité individuelle des gens, laquelle, selon moi, est assurément l’une des causes du renforcement de cette loi linguistique tant décriée. 

Combien êtes-vous à régulièrement consommer des émissions télévisuelles franco-canadiennes, voire canadiennes tout court ? Je pense, sincèrement, que beaucoup préfèrent se rabattre sur les productions américaines de Netflix, de HBO, etc. 

D’autres se feront une fierté de s’être dédouanés de ce «pénible» accent québécois afin de parler un anglais impeccable. Finalement, il y a ceux qui vanteront les mérites de la culture anglo-saxonne tout en diminuant les institutions francophones, par exemple le réseau de l’Université du Québec, souvent la proie des mauvaises langues. À ces derniers, vous méritez d’être récompensés par l’Académie de la carpette anglaise

Le gouvernement a le dos large lorsqu’il est temps de trouver un coupable de l’état du français. Si celui-ci possède une part de responsabilité, tout comme les Anglo-Québécois, rien ne dédouane les Franco-Québécois de leurs fautes. Ils sont les premiers à blâmer, et ce, avant le gouvernement ou nos concitoyens anglophones. Si nous n’avons pas d’amour pour notre culture, n’exigeons pas des autres d’en avoir. 

La façon dont nous traitons nos langues est inacceptable. Le français n’est pas une vieillerie déglinguée et l’anglais n’a pas à être assimilé à un outil du quotidien qui se limite à faire de l’argent sonnant et trébuchant. Selon moi, la langue de Shakespeare, de Margaret Atwood et de James Baldwin est largement plus que l’équivalent d’un tournevis.

La loi 101 existe parce que le français, malheureusement, sera toujours et à jamais en situation minoritaire dans les Amériques. Étant donné l’état actuel des choses, il me semble très loin, le jour où les francophones, les anglophones et les allophones écouteront majoritairement des productions de CBC/Radio-Canada, de TVA, etc., plutôt que le contenu américain; où ils apprendront la langue de l’autre autrement que pour faire des affaires; où les stations de radio francophones et anglophones commerciales du Québec joueront aux heures de grande écoute du Damien Robitaille, du Klô Pelgag ou, encore, du Gerry Boulet. 

Si ce jour arrive, alors oui, à ce moment, j’aurai la certitude que la langue française survivra en Amérique du Nord. Le bilinguisme n’est pas uniquement une affaire de législation, mais aussi de culture et, malheureusement, c’est souvent la partie oubliée. 

Photo Courtoisie

- Charles-Vincent Chevalier, technicien en documentation et étudiant au baccalauréat à l’UQAM

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