Canada

Guilbeault contre les Philistins

Steven Guilbeault, le ministre du Patrimoine, avait promis solennellement de se lancer dans un combat singulier contre les Philistins du numérique.

C’est le défi qu’il s’était donné dès sa nomination au cabinet. Un défi, d’ailleurs, que le discours du Trône lui a rappelé en termes clairs. Il ne reste que quelques semaines avant que nos députés s’absentent pour le congé des Fêtes et le ministre Guilbeault n’a toujours pas engagé le combat. Tremblerait-il dans ses bottes ?

Il n’a pourtant pas les mains vides. Il a pour l’appuyer tout ce qui bouge dans le monde du cinéma, de la télévision et de la presse. Son arsenal comporte le rapport Yale sur la modernisation de nos politiques culturelles, fruit de quatre ans et un mois de consultation, ainsi qu’un rapport encore tout frais, commandé par les journaux du pays, dont ceux de Québecor. Ce rapport lui demande d’appliquer la « solution australienne ». 

Quelle est-elle, cette solution ? L’Australie, pays moins populeux que le nôtre, a décidé que les discussions avec Google et Facebook avaient assez duré. Il faut passer à l’action. L’Australian Competition and Consumer Commission (une espèce de bête hybride entre le CRTC et notre Bureau de la concurrence) imposera donc un ultimatum aux géants. Ceux-ci auront 135 jours pour s’entendre sur le montant des sommes à verser aux journaux pour le contenu qu’ils leur empruntent. Sinon, un arbitre décidera à leur place et imposera sa décision.

UN COMBAT DE DEUX RONDES 

C’est le modèle que nos grands journaux veulent que le ministre impose. À la fin de septembre, ils ont soumis leur demande, bien étayée par un rapport de 47 pages intitulé Niveler les règles du jeu en matière numérique.

Si Google et Facebook acceptaient de compenser les journaux pour l’utilisation de leur contenu, même s’il s’agit seulement de liens et de quelques lignes de résumé, les journaux canadiens estiment que l’entente leur rapporterait environ 620 millions $ par an, soit à peu près la somme qu’ils perdent annuellement en publicité depuis que Facebook et Google détiennent 75 % du marché de la publicité numérique.

Mais ce n’est là qu’une ronde de l’ultime combat que doit mener le ministre contre Goliath et ses Philistins. L’autre ronde doit obliger Netflix, Apple, Google et compagnie à contribuer un pourcentage de leurs revenus canadiens à la création de contenu original pour le cinéma et la télévision. De ce côté-là aussi, il est question d’aller chercher chaque année environ un demi-milliard dans leurs poches.

IL RESTERA LES PAYS DE L’OCDE  

Il restera ensuite à l’OCDE, mais ça, c’est l’affaire de Chrystia Freeland, ministre des Finances, de s’entendre sur la façon d’imposer les géants du numérique selon les revenus qu’ils retirent dans chacun des pays. Une entente devait intervenir au plus tard en décembre, mais on en est encore loin. 

Comment espérer qu’on fera avaler ces couleuvres à Goliath et à ses Philistins ? Comment croire qu’on les forcera à verser des droits aux journaux et à contribuer à la création de contenu canadien, alors que le gouvernement de Justin Trudeau n’a pas encore trouvé le moyen de les obliger à percevoir la TPS ?  

Ce n’est pas David en la personne de Steven Guilbeault qu’on envoie au combat contre Goliath, mais un lilliputien bien petit dans ses souliers.

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