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L’heure de vérité est arrivée

Il faut chercher longtemps pour trouver une semaine plus humiliante pour un gouvernement du Québec que celle qui vient de se terminer.

Le ministre de la Santé avait fixé au 15 octobre la date butoir pour que tous les employés du réseau soient vaccinés avant que des sanctions tombent.

Il a reculé, ne pouvant se passer des quelques milliers de récal-citrants. 

C’était cela ou, dit-il, « foncer dans un mur ». 

Modèle ?

Il n’a pas tort, mais c’est un peu court.

De deux choses l’une : ou bien Christian Dubé a brandi une menace qu’il savait ne pouvoir mettre à exécution... ou il a brandi la menace sans connaître toute la situation sur le terrain.

Dans les deux cas, c’est une monumentale erreur de jugement.

La nouvelle date butoir est maintenant le 15 novembre. On nous prend pour des cons. 

Après une telle victoire, vous pensez que les antivaccins seront plus conciliants dans un mois ? 

Les syndicats, eux, défendent la posture immorale d’une minorité.

On peut comprendre que, légalement, un syndicat n’a sans doute pas d’autre choix que de tenir compte du fait que tout membre qui paie sa cotisation doit être écouté. 

Mais est-ce trop demander aux dirigeants syndicaux, s’ils ont les mains partiellement attachées sur le plan légal, de dire au moins haut et fort, sans ambiguïté, qu’ils condamnent cette attitude et saluent celle de 95 % de leurs membres ?

Apparemment, oui. Ils patinent. On se demande ensuite pourquoi le syndicalisme vit un déclin historique.

Parallèlement, le gouvernement improvise un rattrapage salarial pour les éducatrices dans les garderies tant l’hémorragie du personnel est grave.

Il avait fait pareil pour les enseignants du primaire et du secondaire.

Éducation, santé, garderies, réseau routier, etc. : le « modèle » québécois craque de partout.

Oui, on pourrait mieux gérer, mais c’est une vieille illusion de croire qu’en resserrant vis et boulons ici et là, on dégagerait des milliards par magie.

Le fond de l’affaire est démographique : les besoins ne cessent de s’alourdir alors que les ressources sont limitées.

Si vous pensez que la solution réside dans un relèvement des impôts et des taxes, c’est que vous faites partie des chanceux qui paient peu d’impôts et profitent de services payés par les autres.

Un nombre hallucinant de gens pensent que les services sont « gratuits » parce qu’ils ne reçoivent pas de factures, alors que leur coût réel est tout simplement refilé à autrui.

Il s’en trouve pour dire que la crise actuelle est le résultat des méchantes « privatisations » des 20 dernières années. 

Archi-faux. Hormis des ralentissements épisodiques, les dépenses publiques et le nombre de salariés de l’État n’ont cessé d’augmenter sur le long terme. 

Les chiffres sont aisément disponibles et totalement irréfutables.

Choix

En 2005, avec Lucien Bouchard et d’autres, j’avais signé un document intitulé le « Manifeste pour un Québec lucide ». Nous disions alors qu’il y aurait inévitablement des choix difficiles à faire.

On en avait mangé toute une.

Excusez-moi, mais nous étions seulement en avance sur notre temps.