Canada

La mère d’un bébé tué à coups de fourchette revit la tragédie

Une Montréalaise, dont le bébé à naître a été tué à coups de fourchette à viande par son conjoint de l’époque, a relaté à la cour lunsi toute la souffrance et la douleur qu’elle a vécues.

« Je le désirais tellement, mon fils... Il [Sofiane Ghazi] me l’a arraché violemment. J’ai donné un sens à cette mort : c’est [le bébé] qui m’a sauvé la vie en donnant la sienne », a écrit l’ex-conjointe du meurtrier, dans une lettre lue à la cour lundi, au palais de justice de Montréal.

La femme de 36 ans, dont l’identité est protégée par le tribunal, a émotivement témoigné relativement au meurtre de son enfant qu’elle avait en elle, survenu en juillet 2017. 

À l’époque, la femme était en couple avec Sofiane Ghazi, un homme violent qui lui avait déjà dit qu’il ne voulait pas du troisième enfant qu’elle portait dans son ventre. 

Jaloux, possessif et consommateur de crack, Ghazi s’en est pris à elle, en s’attaquant à leur bébé à naître. 

Douleur inimaginable

Ainsi, muni d’une fourchette à viande, il a donné 19 coups à sa femme, principalement au niveau du ventre.

« Chaque matin, je revis l’événement : l’odeur... le sang... la vue de mon bébé mort... la douleur... », a expliqué la femme, en décrivant le cauchemar qu’elle a vécu et qu’elle continue à vivre.

Grièvement blessée, la femme doit son salut à sa voisine qui lui a porté secours. Mais si elle a survécu, son bébé est décédé, juste après sa naissance par césarienne.

« J’ai survécu au mal, j’ai survécu à l’odieux, à la violence... Je suis ici afin de montrer le pouvoir sur ma vie, de montrer ma stabilité, a-t-elle ajouté. J’ai choisi de me battre pour mes [autres] enfants, pour leur bâtir un présent et un futur heureux ». 

Résilience

Depuis le drame, Ghazi a plaidé coupable à une accusation réduite de meurtre non prémédité, ainsi que de tentative de meurtre. Il était de retour à la cour hier, pour les plaidoiries sur la peine à lui imposer.

Sofiane Ghazi a tué un bébé qui se trouvait dans le ventre de sa mère à coups de fourchette à viande.

Photo d'archives, SPVM

Sofiane Ghazi a tué un bébé qui se trouvait dans le ventre de sa mère à coups de fourchette à viande.

Son ex-conjointe, de son côté, lutte constamment pour tenir bon, malgré le traumatisme. 

Présente dans la salle d’audience, elle a témoigné avec aplomb, la tête haute, malgré l’émotion certaine qui visiblement l’envahissait.

« Devant mes enfants, je me fais résiliente, je me fais heureuse et je me fais en contrôle, a-t-elle dit. [Mais] lorsque mes enfants dorment, je me regarde dans le miroir, marquée d’une cicatrice [...] me replongeant dans un bain de sang. Une horreur, malheureusement devenue quotidienne. »

Ghazi, de son côté, n’a fait part d’aucun regret. Sa seule déclaration a été celle où il se disait « victime » des « provocations » de sa conjointe. Son frère a également fait parvenir à la cour une lettre, où il affirme que Ghazi est un « homme au grand cœur, respectueux et pieux ».

Pas de regrets

Face à cette absence de regrets, en plus de la dynamique de violence qu’il avait instaurée auprès de son ex-conjointe, la procureure de la Couronne a demandé que Ghazi soit condamné à la prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant d’avoir purgé 18 ans.

« Il a voulu reprendre le contrôle sur elle en lui enlevant ce qu’elle a de plus précieux, a plaidé Me Chantal Michaud en rappelant le fléau qu’est la violence conjugale. Non seulement il s’en est pris à son fils, mais il l’a fait quand il était encore dans le sein de sa mère. C’est un cas unique. »

Son avocat, Steve Hanafi, a pour sa part suggéré que la période d’admissibilité à une libération soit fixée à 12 ans.

« Monsieur n’allait pas bien, il ne s’est pas bien adapté au pays », a plaidé le criminaliste, rappelant qu’après s’être caché pendant quelques heures après le drame, il s’était rendu de lui-même aux policiers.

Le juge de la Cour supérieure du Québec, Jean-François Buffoni, rendra sa décision le mois prochain. Mais, quelle que soit la peine dont il écopera, une fois sorti de prison, Ghazi fera face à une mesure d’expulsion vers son Algérie natale.

Ce qu'elles ont dit 

«Jamais je ne permettrai que mes enfants soient malheureux, ils ne méritent que le meilleur. Je veux maintenant me valoriser, être autonome... une femme qui s’estime, être femme à part entière. J’ai repris les rênes de ma vie.»

-L’ex-conjointe de Sofiane Ghazi

«Aujourd’hui, 26 mois après la tragédie, ma fille souffre encore de ses cicatrices physiques et psychologiques. Mais ma fille, je la trouve très forte, car aucune personne à ma connaissance ne possède une aussi grande résilience. »

-La mère de l’ex-conjointe de Sofiane Ghazi

«Pour punir [sa conjointe], il n’a pas hésité à s’en prendre à son fils. L’enfant est né vivant, mais il est décédé des coups qui ont été portés quand il était dans le ventre de sa mère. »

-Me Chantal Michaud, procureure de la Couronne

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