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Le bilan grimpe encore, les Libanais en colère

Le président français Emmanuel Macron est arrivé jeudi à Beyrouth, dévastée par de violentes explosions ayant fait au moins 137 morts et 5000 blessés, pour rencontrer des responsables libanais conspués par la population qui leur demande des comptes.

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Les explosions de mardi, dues selon les autorités à un incendie dans un entrepôt abritant une énorme quantité de nitrate d'ammonium au port de Beyrouth, ont également fait quelque 300 000 sans-abri, dans un pays en faillite économique où près de la moitié des habitants vivaient déjà dans la pauvreté.

M. Macron, le premier chef d'État à se rendre au Liban depuis le drame, a été accueilli à l'aéroport international de Beyrouth par le président libanais Michel Aoun. «Le Liban n'est pas seul», a-t-il tweeté à peine arrivé.

Le président français doit se rendre sur le site des explosions, qui ont endommagé une bonne partie de la capitale, s'entretenir avec les principaux responsables libanais et donner une conférence de presse vers 17h45 locale avant de rentrer en France.

Plusieurs pays dont la France ont déjà dépêché des équipes de secouristes et du matériel pour faire face à l'urgence après la double explosion présentée comme accidentelle par les autorités qui a ravagé le port et une grande partie de la capitale.

Situation «apocalyptique»

Après les déflagrations, le gouverneur de la ville, Marwan Abboud, avait décrit une situation «apocalyptique». L'état d'urgence a été décrété pendant deux semaines.

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AFP

Invité sur la radio française Europe 1, le chef de la diplomatie libanaise Charbel Wehbé a fait état jeudi de la création d'une commission d'enquête «qui a quatre jours pour donner un rapport détaillé sur les responsabilités». «Il y aura des décisions judiciaires», a-t-il dit.

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Alors que les autorités n'ont mis en place aucun dispositif pour abriter les personnes ayant perdu leur domicile, des centaines de Libanais se sont, eux, mobilisés, pour lancer des opérations de déblaiement des décombres ou d'accueil des sans-abri dans les maisons privées, dans un vaste élan de solidarité.

«Si nous avions un vrai État, il serait dans la rue depuis hier en train de nettoyer. Où sont-ils», déplore Melissa Fadlallah, une bénévole qui balaie les décombres dans la rue Mar Mikhaël, célèbre pour ses bars et restaurants.

Libanais en colère

L'explosion a alimenté la colère des Libanais qui avaient battu le pavé des semaines dès octobre 2019 pour exprimer leur ras-le-bol face aux politiques accusés de corruption et d'incompétence.

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Photo AFP

Les énormes déflagrations, les pires vécues par le Liban, ont été déclenchées selon les autorités par un incendie qui s'est déclaré dans un entrepôt abritant depuis six ans quelque 2750 tonnes de nitrate d'ammonium, «sans mesures de précaution», selon les autorités. Elles ont pratiquement détruit le port et dévasté des quartiers entiers de Beyrouth, soufflant les vitres des kilomètres à la ronde.

Selon des sources de sécurité, les autorités du port, les services des douanes et des services de sécurité étaient tous au courant que des matières chimiques dangereuses étaient entreposées au port mais se sont rejeté mutuellement la responsabilité du dossier.

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Depuis le drame, les Libanais réclament des comptes aux responsables et le mot-dièse «Pendez-les» circule sur Twitter.

Dans une lettre ouverte au président Macron, le Bloc national, un groupe qui avait participé au soulèvement populaire du 17 octobre, a demandé que l'aide internationale aux victimes de la catastrophe soit distribuée «par les organisations de la société civile dont certaines ont démontré, contrairement aux institutions de l'État, leur transparence et leur efficacité».

Et signe du désespoir des Libanais, certains ont même fait circuler en ligne une pétition demandant ...le retour du mandat français au Liban.

Crise économique

La tragédie a frappé un pays plongé depuis des mois dans une très grave crise économique, marquée par une dépréciation inédite de sa monnaie, une hyperinflation, des licenciements massifs et des restrictions bancaires drastiques.

Ses effets ont été encore aggravés par la pandémie de coronavirus, qui a contraint ces derniers mois les autorités à confiner pendant plus de trois mois sa population.

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L'Agence de l'ONU pour l'agriculture et l'alimentation, la FAO, dit à présent craindre à brève échéance un problème de disponibilité de farine pour le Liban, des silos de céréales installés près du port ayant été éventrés.

«Même avec le coronavirus, et tout ce qui est arrivé dans le pays, j'ai toujours gardé espoir. Mais maintenant c'est fini, je n'ai plus aucun espoir», dit Tala Masri, une bénévole, en dégageant le trottoir des bris de verre d'un quartier proche du port.

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