Canada

Le coup de dés de Loto-Québec

La pandémie aura miné les finances de Loto-Québec, dont les pertes devraient se chiffrer à plus d’un demi-milliard de dollars. La direction ne le cache pas, il sera difficile, voire impossible, d’atteindre la cible du dividende fixée par Québec, et la COVID-19 devrait laisser des marques pour « quelques années ».

« C’est sûr qu’il va [y] avoir un impact. On ne peut pas le nier. Nos points de vente ont été fermés », répond au Journal Lynne Roiter, présidente et chef de la direction. « Je pense qu’on peut dire que Loto-Québec n’atteindra probablement pas son objectif pour cette année », poursuit-elle.

Au cours des prochains jours, Loto-Québec ouvrira de nouveau tous ses casinos et ses salons de jeux à travers la province avec certaines contraintes, notamment en ce qui a trait à l’achalandage, afin de respecter les mesures sanitaires. Les heures d’ouverture seront également réduites.

Les impacts sur les finances se poursuivront donc au cours des prochains mois, peut-on conclure. 

La direction n’anticipe pas, pour le moment, un retour à la normale dans ses établissements de jeux avant le début 2021. Et ce, seulement s’il n’y a pas de deuxième vague et si le gouvernement revoit ses mesures.

C’est d’ailleurs pour cette raison que dernièrement, la société d’État a procédé à la mise à pied de 2250 employés de façon temporaire et mis un terme aux mandats de ses travailleurs surnuméraires.

Il s’agit de la compression la plus importante dans son histoire.

Entre mars et juin, il faut dire que l’ensemble des 5000 employés de Loto-Québec ont reçu leur plein salaire, et ce, même s’ils n’étaient pas au travail.

Coupes permanentes ?

Loto-Québec espère être en mesure de rappeler toutes ses troupes. La direction assure, pour l’instant, que le mot temporaire ne devrait pas se transformer en permanent pour certains, au cours des prochains mois.

« Nous allons surveiller la situation de près. Notre lien avec les employés est maintenu », note Mme Roiter, espérant une reprise graduelle des activités. « Notre plan est que ces personnes reviennent », ajoute-t-elle. 

« Il faut reconstruire »

Dans son dernier budget, Québec espérait recevoir 1,37 G$ de Loto-Québec pour l’exercice financier 2020-2021 et 1,41 G$ pour l’exercice suivant.

Mme Roiter estime que cela pourrait prendre « quelques années » avant de retrouver des résultats comme ceux d’avant la pandémie. Pour cette raison, la société d’État a notamment gelé les salaires de ses dirigeants pour 2020-2021 et annulé les bonis pour cet exercice financier.

« Nous planifions en fonction d’un retour à la normale l’année prochaine. Évidemment, il y aura des ajustements. Oui, cela pourrait prendre quelques années. [...] C’est évident qu’il faut reconstruire », souligne-t-elle.

Depuis mars, le manque à gagner dans les établissements de jeux devrait dépasser les 315 M$. Pour les activités de bingo, de Kinzo et l’offre de loterie vidéo dans les bars, les pertes pourraient franchir le cap des 275 M$. 

À ce montant, il faut aussi ajouter les coûts de la masse salariale et les frais fixes liés au parc immobilier de l’organisation qui ont mis une pression supplémentaire sur la trésorerie.

En juin dernier, Loto-Québec a remis son rapport annuel pour 2019-2020 au gouvernement. Il devrait toutefois être disponible publiquement seulement à la fin de l’été ou au début de l’automne, tout comme les résultats financiers pour le premier trimestre de la société d’État. C’est à ce moment-là que l’on connaîtra exactement les impacts de la pandémie. 

Anglophone, la dame du jeu... aime le français  

Il aura fallu 47 ans d’histoire avant que Loto-Québec nomme une femme à la tête de son organisation. Du coup, en 2017, Lynne Roiter est devenue la première dame à diriger l’une des trois principales sociétés d’État. On connaît la suite. Aujourd’hui, le féminin l’emporte. 

Née à Montréal, Mme Roiter a grandi à Québec où elle a été diplômée en droit de l’Université Laval. Celle qui a maintenant 74 ans possède également un baccalauréat de l’Université McGill. 

Mme Roiter est chez Loto-Québec depuis maintenant 35 ans. Elle a commencé à titre de directrice des affaires juridiques après un passage comme avocate à la Commission des droits de la personne et à la Régie de l’assurance automobile du Québec.

Elle a, par la suite, grimpé les échelons, au fil des années, au sein de la société d’État, notamment comme secrétaire générale et vice-présidente à la direction juridique. En août 2016, elle a été nommée comme présidente et chef de la direction par intérim, après le décès de Simon Patenaude. 

Un poste qui lui a été officialisé par le gouvernement en 2017.

L’anglais, langue première

Mère de deux enfants et grand-mère de quatre petits-enfants, la langue maternelle de Mme Roiter, qui habite maintenant à Montréal, est l’anglais. Le français a toutefois toujours été présent dans sa famille.

D’ailleurs, il n’est pas question de répondre aux questions de ses collègues, d’employés ou de journalistes dans la langue de Shakespeare. C’est en français qu’elle accorde ses rares entrevues.

Le mandat de la numéro un chez Loto-Québec a été renouvelé en février 2019. Celle qui est aussi secrétaire générale de la World Lottery Association à titre bénévole devrait être en poste au moins jusqu’au 31 mai 2021.

Après la nomination de Mme Roiter en 2017, Catherine Dagenais est devenue présidente à la Société des alcools du Québec en 2018, et Sophie Brochu chez Hydro-Québec en 2020. 

Quatre questions à la grande patronne, Lynne Roiter  

Comment sera l’expérience dans vos établissements de jeux à la reprise des activités la semaine prochaine et au début du mois d’août pour le Casino de Montréal ?

« On parle dans les médias de réouverture des casinos. Moi, j’aime mieux parler d’ouverture. Ce ne sont pas les casinos et les salons de jeux que nous avons connus avant le 13 mars dernier. Les mesures sanitaires nous ont obligés à faire énormément de changements [voir plus bas] ».

Estimez-vous avoir pris la bonne décision en maintenant le salaire de vos 5000 travailleurs à la maison durant plusieurs mois ? Auriez-vous dû faire ces mises à pied dès le départ ?

« C’est toujours facile de regarder en arrière et d’avoir des réponses. Nous sommes convaincus d’avoir pris les bonnes décisions au bon moment. Notre priorité était de maintenir notre main-d’œuvre et notre expertise. Au début, personne ne pouvait prédire combien de temps cela allait durer ainsi que les règles demandées pour la réouverture. »

Malgré l’annulation des festivals et des événements publics en raison des mesures pour ralentir la COVID-19, Loto-Québec a maintenu ses commandites d’environ 10 M$. Avez-vous toujours l’intention de le faire et quels sont vos plans pour 2021-2022 ?

« Nous avons pris des engagements, comme plusieurs autres sociétés d’État. Nous allons le faire pour cette année. Nous espérons que tout sera revenu à la normale à notre prochaine année financière. On va voir ce qui va arriver l’année prochaine. Nous sommes optimistes que les festivals pourront reprendre, mais il n’y aura toutefois pas de contrainte contractuelle ».

Afin d’aider les finances de Loto-Québec, est-ce que la société d’État pourrait décider de fermer des casinos ou des salons de jeux si l’achalandage n’est pas au rendez-vous ?

« Notre objectif est d’ouvrir nos établissements et qu’ils demeurent ouverts. Ce n’est pas ce qu’on envisage. » 

Les défis de la direction  

La direction de Loto-Québec parle de nouvelles expériences lorsqu’elle décrit ce que vivront les consommateurs dans ses établissements. 

Le Casino de Montréal

Photo d'archives, Agence QMI

Le Casino de Montréal

Les nouvelles règles 

Vous pourrez miser ! 

Action collective

Une demande d’action collective a récemment été déposée contre Loto-Québec concernant une possible faille sur sa plateforme de jeux en ligne qui avantageait certains joueurs de poker. 

La requête, pilotée par l’avocat Joey Zukran, du cabinet LPC Avocats, mentionne que les joueurs utilisant « un iPad (et probablement tout appareil iOS) » avaient accès, contrairement à ceux utilisant un ordinateur, aux deux « pockets » cartes du gagnant à la fin de chaque main, et ce, même si le joueur ne voulait pas dévoiler son jeu. « Il y a une allégation de faille, il n’y a pas de preuve. Nous sommes confortables avec notre position et nous allons nous défendre de façon appropriée », a confirmé Lynne Roiter, présidente et chef de la direction. 

Elle n’a pas voulu dire si une enquête avait été ouverte à l’interne. Par ailleurs, Mme Roiter a aussi confirmé être à l’aise avec le fait qu’un employé du Casino de Montréal ait récemment remporté près de 189 000 $ lors d’une partie de poker sur le site Espacejeux.com. Rappelons qu’une loi provinciale interdit aux travailleurs de jouer dans les casinos, mais elle ne restreint pas le jeu en ligne.

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