Canada

Le Danemark interdit la vente de gaz hilarant aux mineurs

Le Danemark a annoncé mardi l’interdiction de la vente aux mineurs du gaz hilarant, également appelé protoxyde d’azote ou « proto », très prisé des jeunes qui le détournent de son usage culinaire pour son effet euphorisant.

« Nous mettons désormais un terme à l’accès trop facile au gaz hilarant et à l’abus des cartouches de (ce) gaz chez nos jeunes », a déclaré le ministre de l’Industrie Simon Kollerup, cité dans un communiqué.

Ce royaume scandinave le premier pays de l’Union européenne à mettre en place une interdiction de cette envergure.

Le texte, soutenu par l’ensemble des partis au Parlement, un seul y étant opposé, prévoit une interdiction de la vente du protoxyde d’azote dans les épiceries qui proposent à la vente tabac, alcool et cigarettes électroniques et la limitation à deux cartouches de huit grammes par personne majeure.

Les infractions seront passibles d’une amende de 25 000 à 75 000 couronnes (5000 $ et 12 000 $) pour les commerçants.

Cette nouvelle réglementation doit entrer en vigueur le 15 mai, après son vote, également au printemps, au Folketinget, le parlement monocaméral danois.

Le protoxyde d’azote est utilisé à l’origine en tant que gaz de pressurisation et se trouve dans le commerce principalement sous forme de cartouches pour les siphons culinaires, comme ceux utilisés pour la crème chantilly. 

On y recourt également en milieu hospitalier pour ses propriétés anesthésiques et antidouleur.

Communément dénommé « gaz hilarant », il fait l’objet d’usages détournés de plus en plus fréquents chez les adolescents, en raison de son effet euphorisant. 

Au Danemark, 17 % des garçons de 15 à 25 ans en ont déjà inhalé contre 8 à 10 % des filles du même âge, selon l’Agence nationale de la Santé. Depuis 2016, trois décès liés à l’inhalation d’une cartouche de gaz hilarant ont été recensés.

Les autorités sanitaires recensent toute une série de risques et de complications liés à ces usages détournés, de la brûlure par le froid au manque d’oxygène pouvant entraîner la mort, mais aussi, pour une utilisation régulière, des troubles du système nerveux, de la mémoire, du rythme cardiaque.

En France, le Sénat a voté l’interdiction de vendre du gaz hilarant aux mineurs, mais la proposition de loi doit encore être soumise à l’Assemblée nationale.