Canada

Pour en finir avec la confusion identitaire

Vous souvenez-vous de la fameuse scène du film Elvis Gratton, lorsque Bob Gratton et sa conjointe, Linda, montent à bord d’un avion et rencontrent un touriste français qui leur demande: «Vous êtes Canadiens? Vous avez l’accent.»  

Notre Elvis national, voulant bien faire, se lance dans une explication fort confuse de la situation particulière du peuple québécois: «Moi, je suis un Canadien québécois, un Français canadien-français. Un Américain du Nord français. Un francophone québécois canadien. Un Québécois d’expression canadienne-française française. On est des Canadiens américains francophones d’Amérique du Nord. Des Franco-Québécois.» Et sa conjointe Linda d’ajouter: «C’est ça!» 

Pas une blague

Si vous avez déjà essayé d’expliquer, lors d’un voyage à l’étranger, «quossé ça mange en hiver», un Québécois, la scène vous fera sourire, mais, pour les nouveaux arrivants, cette confusion identitaire n'est pas une blague: c'est un obstacle à leur inclusion et à leur intégration. 

Nous qui sommes issus de parcours d'immigration de première et deuxième générations, parlons en connaissance de cause. La confusion identitaire, nos parents l'ont vécue. 

Imaginez. Vous êtes une personne immigrante. Vous débarquez au Québec. Qu'est-ce qui vous attend? Deux États qui se marchent tout le temps sur les pieds. Pour l’assurance maladie, c’est d’un côté, pour l’assurance-emploi, c’est de l’autre. En immigration, ce sont les deux, chacun se renvoyant la balle, au grand dam des principaux concernés. 

On vous a sélectionné comme candidat à l’immigration parce que vous maîtrisez la langue de Molière. Mais lorsque vous cherchez un emploi, coup de théâtre. Sans connaissance de l’anglais, vous n’arrivez pas à décrocher un poste. Vous qui pensiez être au Québec, on vous fait comprendre qu'ici, vous êtes au Canada. Pas d’anglais, pas de job. 

Deux modèles s’affrontent

Histoire de rendre ça encore plus compliqué, deux modèles d'intégration s'affrontent. Là où le Canada brandit le multiculturalisme comme une fierté et vante «l’absence de culture officielle» dans la société canadienne, nous avons pris une autre voie: celle de l’interculturalisme, qui propose une culture commune liée par une langue commune, le français, tout en reconnaissant que la diversité est au cœur de l'identité québécoise. C'est la différence entre le «vivre côte à côte» canadien et le «vivre-ensemble» québécois. 

L'interculturalisme vise à enrichir la culture québécoise en l’abreuvant des traditions et des pratiques culturelles des groupes minoritaires qui ont, eux aussi, contribué à bâtir le Québec d’aujourd’hui. Malheureusement, il doit faire face à la concurrence féroce et permanente du multiculturalisme canadien. Le fait qu’aucun gouvernement du Québec n’ait pris la peine d’inscrire l’interculturalisme dans une politique ou une loi, comme l’a fait le fédéral avec le multiculturalisme, n’aide en rien à dissiper la confusion des nouveaux arrivants, qui ne savent plus où donner de la tête. 

Indépendance du Québec

Peu importe les efforts que nous mettrons collectivement pour assurer l’inclusion des personnes immigrantes à la société québécoise, pour assurer leur intégration au marché du travail, à notre tissu social et culturel, l’existence de deux systèmes parallèles et concurrents va continuer de nourrir cette confusion identitaire. 

L’indépendance du Québec, plus que jamais, demeure la seule option viable pour nous permettre une meilleure inclusion sociale, économique et culturelle des personnes immigrantes à la société québécoise. 

québec canada drapeau

MARTIN ALARIE / JOURNAL DE MONTREAL / QMI

Ruba Ghazal

Porte-parole de Québec solidaire en matière de langue française

québec canada drapeau

JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL

Sol Zanetti

Porte-parole de Québec solidaire en matière de souveraineté

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