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Pourrons-nous célébrer Noël?

Notre chroniqueur Mathieu Bock-Côté séjourne actuellement en France, d’où il observe l’actualité française d’un œil québécois.

Novembre 2020. Paris. Le professeur Salomon, grand responsable de la Santé publique en France, commençait à prescrire les gestes barrières nécessaires pour limiter la diffusion de la Covid pendant les Fêtes.

L’un d’entre eux, un peu péremptoire, avait suscité un vrai tumulte. Il avait expliqué qu’il fallait couper la bûche de Noël en deux, et envoyer Papi et Mamie manger leur part à la cuisine. 

La déclaration, maladroite pour le moins, avait suscité un certain tumulte, et l’historien Jean Sévillia, généralement reconnu pour sa courtoisie et sa modération, avait répondu sur Twitter d’amusante manière en écrivant : « Papi et Mamie t’emmerdent ! » 

Grands-parents !

Pourquoi évoquer cette querelle vieille d’un an ? Parce que la Covid, comme le sparadrap du capitaine Haddock, toujours revient, et se pose à nouveau, en France comme au Québec, la question de l’encadrement des fêtes de Noël. Et que l’état d’esprit de Jean Sévillia, qui était peut-être minoritaire au temps de la grande peur covidienne, est aujourd’hui dominant. 

Alors que la classe politique commence à évoquer de nouvelles mesures sanitaires et veut encore une fois encadrer Noël, d’une manière ou d’une autre, le commun des mortels n’hésite plus à dire publiquement son exaspération. Ou du moins, à la confesser. 

L’état d’esprit tient en un mot : il faut désormais vivre avec la Covid. Tout simplement. Massivement vaccinées, les populations savent que la situation sanitaire n’est pas sans risque, mais acceptent, pour reprendre une vie normale, cette part de risque dans leur vie. 

Ce pari repose évidemment sur une attente à l’endroit des autorités : on veut croire que le système hospitalier s’est adapté à la COVID, qu’il s’est au moins partiellement réformé pour digérer les nouvelles vagues à venir, sachant que ce virus a manifestement quelque chose de saisonnier. 

Autrement dit, le vaccin est essentiel, mais ne suffit pas : l’hôpital doit suivre. C’est la grande responsabilité de la classe politique. Elle ne doit pas faillir. 

Faut-il vraiment ajouter qu’en France comme au Québec, le système de santé n’est pas dans un état lumineux et qu’il lui suffit d’un peu de pression excessive pour déborder et risquer l’explosion ? 

Est-ce que le système de santé, qui semblait déjà à bout de souffle sans la COVID, peut se réformer à travers elle ? 

Ou est-il condamné à l’ultime épuisement ? Comment peut-il intégrer durablement la COVID dans ses projections ? Quelle que soit la réponse, il va de soi que la vie sociale doit reprendre, et que nous ne pouvons donner aux autorités le droit de la suspendre à répétition.

Hôpital

Noël devient en France un symbole : celui de la reconquête définitive de la vie normale sur la vie covidienne. 

Déjà, les Français étaient plus rétifs que les Québécois devant les mesures sanitaires. 

On sent qu’ils ne veulent plus de l’état d’exception sanitaire permanent. Cela ne veut pas dire qu’ils ne seront pas prudents. Évidemment. Mais ne plus sacrifier à la panique covidienne nos rituels essentiels est une bonne étape de ce retour à la vraie normalité. 

Souhaiter Joyeux Noël en personne à son vieux père fera du bien. 

Zemmour candidat 

Le suspense est soulevé : Éric Zemmour sera bien candidat à l’élection présidentielle. Il polarise, certes. Des milices associées à la gauche radicale la plus violente harcèlent sa campagne et cherchent à empêcher ses meetings. YouTube essaie de censurer sa vidéo de campagne en la réservant aux 18 ans et plus ! Autrement dit, plutôt que de répondre à ses arguments, on lui colle des étiquettes injurieuses, comme « extrême droite », et on veut le faire taire. Qui est antidémocratique ? 

Les policiers du langage 

La Commission européenne aime manipuler le langage. Récemment, elle décrétait dans un guide du vocabulaire inclusif que certains mots devaient être bannis du vocabulaire, parce que trop exclusifs. Lesquels ? Monsieur et Madame, par exemple. Trop genrés. Exclusifs des non binaires. Pour citer le guide, « Notre communication ne doit jamais présumer que les personnes sont hétérosexuelles, s’identifient avec le genre attribué à leur naissance, ou s’identifient de manière binaire ». Mais aussi Noël. Trop chrétien. Quelle niaiserie ! 

Le pouvoir d’achat en question 

Si les sondages ne mentent pas, la question du pouvoir d’achat, à l’horizon présidentiel, est la première à préoccuper les Français. Nous vivions dans un monde qui se croyait voué à l’abondance. Où l’accès à la classe moyenne était une promesse faite à tous. Manifestement, nous changeons de monde. On recommence même à parler de pénuries. Des produits que l’on croyait d’un accès aisé ne le sont plus. La France redécouvre-t-elle la lutte des classes ?