Canada

Promesse tenue

Dans le lobby du Q Centre de Victoria en décembre dernier, Christopher Clapperton racontait qu’il n’avait pas tiré un trait sur son rêve de poursuivre sa carrière chez les pros. Un retour figurait au sommet de sa liste de priorités.

À force de bûcher dans les rangs universitaires, il a atteint son objectif. Après avoir remporté un troisième titre canadien avec les Varsity Reds de l’Université du Nouveau-Brunswick, le Gaspésien a paraphé une entente d’un an avec le club-école des Sénateurs d’Ottawa.

Non sans avoir étudié l’organigramme des Sens et scruté la liste des espoirs. C’était le choix logique et une façon d’atteindre les plus hauts échelons.

Un excellent début de saison avec le Beast de Brampton, dans la Ligue de la côte Est (ECHL), où il a récolté 10 points en 8 matchs, lui a valu un appel des Senators de Belleville, dans la Ligue américaine (LAH).

« Il y a beaucoup de travail derrière cette réussite. Je savais quand je suis parti jouer universitaire en 2016 que je pouvais jouer chez les pros. Je n’étais pas prêt », a relaté Clapperton mercredi matin, quelques heures avant son premier match pro en sol québécois.

« J’ai surtout appris à gagner la confiance de l’entraîneur, a enchaîné l’ancienne vedette des Reds. C’est très psychologique. Il faut aussi avoir beaucoup de confiance en soi. Je me sens à ma place ici. Je suis plus mature et ça fonctionne bien. »

Bonne deuxième impression

Choix de cinquième tour des Panthers de la Floride à l’encan 2013, Clapperton n’avait jamais savouré une minute d’action dans la LAH à son premier passage chez les pros en 2015-2016.

Il a donné ses premiers coups de patin dans cette ligue vendredi soir dernier à Syracuse, face au Crunch. Par chance, son entraîneur Troy Mann ne s’est pas arrêté à la première impression.

Dans un amphithéâtre hostile, le fougueux petit attaquant québécois a écopé de deux pénalités au sein du quatrième trio. Sachant ce qu’il peut amener sur la glace, Mann lui a accordé une seconde opportunité de montrer sa valeur à Hartford le lendemain. Il ne l’a pas déçu, car il a aussi enfilé l’uniforme dimanche, faisant son chemin jusqu’à Laval.

« Il est très rapide. Il amène une bonne énergie. Chris m’a impressionné lors des deux derniers matchs. Il a utilisé sa vitesse et il était plus à l’aise dans le feu de l’action », a analysé l’instructeur des Senators.

« C’est une menace offensive en développement en raison de sa rapidité. Il n’a pas peur et il sait se placer sur la patinoire. Il ressemble un peu au lapin Energizer », a-t-il imagé à la blague.

Alors que Mann dispose d’excellentes cartes dans son jeu avec les Alex Formenton, Vitaly Abramov, Drake Batherson et cie, l’arrivée de Clapperton ajoute de la profondeur à son équipe.

En jouant avec ténacité et rapidité, Clapperton assurera son avenir dans l’organisation. À l’entendre, il n’a pas fini de grimper les échelons. Les exemples de petits attaquants ayant emprunté les chemins de gravier sont nombreux depuis quelques années dans la LNH.

En parallèle, durant la haute saison, il continue d’œuvrer dans les Pêcheries de l’estuaire, l’entreprise familiale à Rimouski. Après tout, les leçons qu’il y a apprises l’ont aidé dans son cheminement sportif.