Canada

Rien de réglé

Quelques mois avant le référendum de 1995, j’avais interviewé Gérard Bergeron.

Le politologue de 73 ans, la main posée sur un dossier de presse contenant les résultats de tous les sondages faits sur l’indépendance depuis 1963, lança : « À part pour une courte période en 1991 », cette option n’a jamais vraiment recueilli une majorité d’appuis.

Au moment de notre entretien, fin mars 1995, les études d’opinion accordaient au Oui plus ou moins 46 %. Bergeron réclamait même, à l’instar de nombreuses personnalités, un report du référendum promis par le gouvernement Parizeau (au pouvoir depuis septembre 1994).

Si ce dernier fonçait malgré ces mauvais chiffres, le politologue prévoyait ceci : « On va savoir qui perd le référendum, sans trop connaître le gagnant. Ce n’est pas une situation très saine : celui qui aura moins de pourcentages aura fatalement perdu. Quant à l’autre, sa marge insignifiante n’affirmera rien. »

Logique

La suite donna passablement raison à Bergeron. Avec 50,58 % de NON, c’était, comme le titra Le Journal de Québec, « Rien de réglé ».

Le jeu en valait toutefois la chandelle, je crois. Il y avait trop longtemps qu’on tentait de régler la question du statut politique du Québec, qui ne convenait pas à une majorité de Québécois.

Dès 1953, le gouvernement Duplessis avait mis sur pied la Commission royale d’enquête sur les problèmes constitutionnels. Par la suite, combien de commissions (Laurendeau-Dunton, etc.), de négociations constitutionnelles (Victoria, etc.) ont eu lieu ?

Jusqu’au référendum sur la souveraineté-association, le 20 mai 1980. Suivi de l’ignoble coup de force de Pierre Elliott-Trudeau : le rapatriement de 1982. Les tentatives de réparations Meech et Charlottetown démontrèrent que la voie du fédéralisme renouvelé – réclamée par 60 % de Québécois en 1980 – était au fond illusoire.

Il était donc logique que le Québec, devant cette voie bloquée, se repose la question de l’indépendance. En plus, le PQ l’avait promis.

Pas très sain

Mais le résultat révéla une impasse qui s’ajouta à l’autre : ni fédéralisme renouvelé ni indépendance. « Pas une situation très saine », pour reprendre les mots de Bergeron.

À partir de ce moment, la question du statut du Québec fut refoulée. Revivre les traumatismes de 1990 (mort de Meech) ou de 1995, non merci. On oserait peut-être s’attaquer à ce problème de nouveau un jour... lorsque tout le reste sera réglé.

Puisque l’inconnu de la souveraineté est plus grand, le Parti libéral s’en servit comme d’un épouvantail bien commode, rhétorique qui lui permit de conserver le pouvoir pendant presque 15 ans.

Jusqu’à ce que, en 2015, les « péquistes de bonne volonté » délaissèrent leur idéal afin de joindre la CAQ. L’expression est de Stéphane Gobeil, ancien conseiller de Gilles Duceppe et de Pauline Marois. Et, depuis cinq ans, de François Legault.

Une coalition de nationalistes a réussi à reprendre le pouvoir en chassant les libéraux, lesquels n’étaient plus tant des fédéralistes que des anti-souverainistes.

Mais la question du statut du Québec, qui n’intéresse pas vraiment la CAQ, demeure en rade. Ce n’est toujours « rien de réglé ». Et, avec la pandémie et les déficits, probablement pour un bon bout de temps, voire pour toujours.

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