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Trop de jeunes victimes en VTT

Le tiers des décès survenus en véhicule tout terrain depuis le début de l’année sont des jeunes âgés de 16 ans et moins d’après une compilation du Journal. 

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« C’est vraiment une problématique : les mineurs sont surreprésentés cette année. Plusieurs d’entre eux étaient passagers lorsque le VTT a chaviré. Beaucoup ne portaient pas de casque », s’alarme Carl Soucy, coordonnateur récréotouristique pour la Sûreté du Québec (SQ).

Vendredi soir, un garçonnet de 4 ans qui était passager d’un VTT a perdu la vie à Irlande, en Chaudière-Appalaches. Pour une raison inconnue, le véhicule de type côte-à-côte conduit par un homme s’est renversé puis l’a écrasé.

Comme un jouet

Sur les 24 accidents mortels compilés par Le Journal depuis janvier, neuf victimes étaient âgées de 16 ans ou moins.

Il est surprenant et même inquiétant de voir autant de jeunes victimes, selon Judy Morris, présidente de l’Association des médecins en urgence du Québec.

« Les gens ne voient pas les dangers comme en voiture, ils considèrent cela comme des jouets. Ils banalisent l’usage et ça rend la pratique plus risquée. Pourtant, les risques d’être éjecté sont grands et il y a bien moins de protection qu’en voiture. Les accidents ne pardonnent pas », dit-elle.

Une jeune de 12 ans, seule au volant de ce VTT, a perdu la vie en mai dernier à l’Île-d’Orléans, près de Québec.

Photo d’archives

Une jeune de 12 ans, seule au volant de ce VTT, a perdu la vie en mai dernier à l’Île-d’Orléans, près de Québec.

L’experte insiste sur le port du casque en tout temps. Il est de la responsabilité d’un propriétaire de VTT de s’assurer que les personnes qui l’utilisent répondent aux normes de la loi, selon Réjean Blouin, président de la Fédération québécoise des clubs quad (FQCQ).

« Je comprends que ça peut être difficile de retenir un ado de 14 ans qui prend les clés en cachette. Mais c’est aussi de cette façon qu’arrivent les accidents », dit-il.

Surveillance sur les sentiers

Parmi les comportements dangereux qu’il observe, l’agent Soucy a intercepté des gens l’hiver dernier qui avaient installé sur leur côte-à-côte des bancs pour transporter des bébés.

« Ce n’est pas fait pour cela. Il faut vraiment respecter le nombre de passagers. On a aussi vu des adultes avec des enfants de 12 ans qui les suivaient au volant de leur VTT. Sur les sentiers [fédérés], ce n’est pas la place », précise Carl Soucy.

Un homme de 40 ans est décédé en VTT la semaine dernière à Québec.

Photo Agence QMI, Marc Vallières

Un homme de 40 ans est décédé en VTT la semaine dernière à Québec.

D’ailleurs, la SQ mène plusieurs opérations ces jours-ci dans les sentiers autorisés par la Fédération afin d’appliquer les nouvelles exigences de la Loi sur les véhicules hors route, qui entraient en vigueur le 10 septembre.

Hier, des agents en quad ont patrouillé dans Lanaudière, près de Chertsey et Saint-Michel-des-Saints. 

« On surveille les équipements, le port du casque et de la ceinture en autoquad. En fin de journée, on vérifie aussi les facultés affaiblies par l’alcool ou la drogue. On ne se cachera pas que l’on veut réduire le bilan du nombre de décès en VTT », explique Carl Soucy.

En moyenne, 29 personnes meurent chaque année en VTT selon les plus récentes données de l’Institut national de santé publique du Québec.

– Avec Jérémy Bernier

Plus dangereux dans les sentiers privés

Sur la vingtaine d’accidents mortels en VTT, la grande majorité est survenue hors des sentiers balisés, là où les délais d’intervention des premiers répondants s’étirent parfois à cause des difficultés d’accès.

À peine deux embardées mortelles en VTT se sont produites sur un sentier fédéré, selon Réjean Blouin, président de la Fédération québécoise des clubs quads.

« En dehors des sentiers fédérés, les chemins ne sont pas toujours entretenus et sécuritaires. Il faut adapter sa conduite aux conditions, mais ce n’est vraiment pas tout le monde qui le fait », dit M. Blouin.

Longs délais

Et lorsqu’une embardée survient dans un champ ou sur une terre à bois privée, il est plus difficile pour les premiers secours d’y accéder, selon Carl Soucy, coordonnateur récréotouristique pour la Sûreté du Québec (SQ).

« Parfois, il faut nous-même utiliser des quads. Ça cause des délais supplémentaires et ça peut même mettre nos équipes à risque », explique-t-il.

En juin, le survivant d’une embardée de VTT survenue près du réservoir Gouin, tout au nord de la Mauricie, a dû rouler plusieurs heures avec une fracture à la jambe avant de pouvoir contacter les autorités, en raison de l’absence de réseau cellulaire. Son passager de 68 ans a eu moins de chance et est mort sur le coup.

« Chaque minute compte en traumatologie. Quand les accidents surviennent dans des endroits [éloignés] et qu’il y a des délais de prise en charge ou de transfert, ça augmente la morbidité », rapporte Judy Morris, présidente de l’Association des médecins en urgence du Québec.

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