Canada

Un monde sans Trump

Partout sur la planète ou presque, on poussera un soupir de soulagement advenant une défaite de Donald Trump à l’élection présidentielle du 3 novembre prochain. Son adversaire n’est toutefois pas très redoutable.

Le choix d’une colistière par le candidat démocrate à la présidence s’avère donc très déterminant pour la suite de l’aventure. Joe Biden n’a pas droit à l’erreur pour sa sélection d’une éventuelle vice-présidente qui lui procurerait de meilleures chances de victoire !

Les bonzes du Parti démocrate auront aussi à faire preuve de plus d’ouverture pour une colistière progressiste leur permettant d’espérer un apaisement du climat social et la fin du tribalisme dans lequel Donald Trump a enfoncé le pays. 

Partout

Encore cette semaine, le Canada, et plus particulièrement le Québec, prennent la mesure du fameux slogan électoral de Donald Trump : « l’Amérique d’abord ». Celui-ci a décrété une surtaxe sur les importations canadiennes d’aluminium et bafoue le nouvel accord de libre-échange. 

Un président étatsunien n’a jamais autant malmené ses alliés dans le dernier siècle, bien que les États-Unis n’aient pas toujours été à la hauteur des attentes que le reste du monde pouvait avoir d’une grande démocratie.

La chancelière allemande, Angela Merkel, s’est vu sermonner plus souvent qu’à son tour. Le président français, Emmanuel Macron, a dû souffrir les sarcasmes. Un lot d’insultes a régulièrement été réservé à Justin Trudeau. Même le premier ministre britannique, Boris Johnson, peine dans sa quête d’un traité de libre-échange avec les États-Unis.

L’attitude du président Trump n’est pas sans conséquence sur l’économie canadienne et les emplois. Il est difficile de faire abstraction de la politique étatsunienne et de ne pas s’y intéresser alors que la majorité de nos exportations y est destinée. 

Pire encore, le président narcissique devient un danger pour l’humanité en relançant la course aux armes nucléaires, en laissant se répandre le coronavirus et en réprimant les aspirations de transformations sociales.

Les décisions de ces chefs de grandes puissances dépassent largement leur frontière. Malgré qu’ils en subissent les impacts, les citoyens étrangers n’ont malheureusement pas droit au chapitre électoral si ce n’est que de faire preuve de solidarité avec les mouvements sociaux qui s’activent chez ces impérialistes.

Ou presque !

On parle de plus en plus d’ingérence étrangère dans le processus électoral des États souverains. Cette ingérence serait pourtant souhaitable si elle provenait de citoyens meurtris par l’avidité de ces pions au service des oligarchies financières, malheureusement elle est trop souvent le fruit d’autres oligarques.

Les Benjamin Netanyahou, Mohamed Ben Salmane, Xi Jinping et Vladimir Poutine de ce monde s’accommodent bien d’un président Trump qui pousse l’Europe vers la Russie, abandonne l’Afrique à la Chine, laisse commettre ses exactions au prince saoudien et entretient le complexe militaro-industriel en Israël.

Le 3 novembre, plus que le président étatsunien, c’est un des dirigeants du monde qui sera élu. Où donc le monde pourra-t-il dire qu’il en a assez de Donald Trump ? 

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