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Canada

Une prison mobile

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L’étalement urbain demeure la norme dans la grande région de Montréal : on en a eu la confirmation la semaine passée. Chaque année, plusieurs milliers de personnes quittent la ville pour s’établir dans des banlieues toujours plus éloignées. C’est à cette condition qu’elles pourront accéder à la propriété. Mais cette solution n’est souvent qu’un mirage.

Il y a plusieurs manières d’aborder ce problème. Les uns évoquent ses conséquences environnementales. Les autres rappellent qu’en s’éloignant ainsi, ceux qui espèrent obtenir une propriété à prix abordable se ruineront en frais de transport.

Aliénation

Il faut ajouter une dimension : en habitant toujours plus loin de leur lieu de travail (ou en travaillant toujours plus loin de leur milieu de vie), nos contemporains se condamnent à une existence écartelée et à de vraies souffrances psychologiques.

On a longtemps associé la voiture à la liberté. Ce n’était pas faux. Mais aujourd’hui, elle se présente de plus en plus comme une prison mobile. L’homme ordinaire y passe un temps fou, pour se rendre au boulot et en revenir. Et quoi qu’en disent ceux qui veulent rentabiliser leur temps en voiture en écoutant moult balados et émissions de radio, la congestion est une expérience aliénante. En entrant dans sa voiture, le banlieusard moyen sait qu’il y passera presque deux heures dans sa journée, toujours inquiet d’être en retard.

Étalement

Comment croire que cette tension n’a pas de conséquences sociales ? Une personne exténuée sera-t-elle vraiment disponible pour ses proches ? Cet environnement ne contribue-t-il pas à la déstabilisation des familles ? Est-ce que cette existence divisée géographiquement entre trop de lieux est tenable ? Évidemment pas.

L’étalement urbain n’est pas seulement symptomatique d’une faille dans le développement de notre habitat. C’est le symbole de nos existences fracturées. Ce n’est pas une question de gauche ou de droite. À long terme, c’est un autre choix de civilisation qu’il faudra faire.

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